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dimanche 5 février 2023

Le Mystère du Sabre jaune

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Un F-86 Sabre de l'US Air Force arborant de larges bandeaux jaunes autour des ailes, du fuselage et de la dérive, voilà qui évoque instantanément la guerre de Corée, et en particulier les avions du 4th Fighter Interceptor Wing.
Quel rapport avec les aviations de l'OTAN en France me demanderez-vous? Et bien c'est justement la question que se posent Tanguy et Laverdure dans cette nouvelle aventure, puisqu'ils se retrouvent aux prises avec cet appareil inconnu, évoluant sous la couverture radar, dans le Nord-Est de la France ; qui plus est au début des années soixante, à l'occasion d'un échange d'escadron entre les Super Mystère B2 de l'EC 1/10 Valois de Creil et les Canadair Sabre du Squadron No. 439, sur la base canadienne de Marville. Voilà de quoi brouiller les pistes, même en VFR (😐).


Le superbe dessin ornant les pages de garde de l'album :
un SMB2 de la 10e EC aux prises avec un Sabre du Squadron 439 de Marville. 
(c) M. Durand.



Quelle bonne occasion de se plonger dans l'aviation militaire occidentale du début des années soixante que cet album ! C'est aussi l'opportunité de (re)découvrir, avec nos deux héros, la base de Marville à l'époque de la RCAF, avec tout ce que ce type d'installation pouvait comporter d'exotique pour les Français.

J'ai particulièrement apprécié la narration et les dialogues, qui restent pédagogiques pour quiconque ne connait pas le sujet, sans en faire des tonnes et en restant crédible (ce qui n'est pas toujours le cas dans les BD historiques quand il faut contextualiser pour le lecteur néophyte). Le trait est net, les dessins et perspectives soignés, ce qui participe du saut temporel auquel nous invitent Tanguy et Laverdure. On ne se retrouve pas à tiquer sur un nez d'avion un peut trop long ou une perspective faussée, qui nous feraient sortir de l'aventure pour nous rappeler qu'il ne s'agit que d'une fiction dessinée. Là, avec un brin d'imagination, on est vraiment embarqué aux côtés de nos pilotes fétiches, 63 ans en arrière. Enfin, et ce n'est pas rien pour les connaisseurs, le découpage et les dessins respectent sont rigoureusement documentés, sans faux-raccords, notamment dans les contre-champs et basculements de point de vue. La géographie de la base canadienne et les implantations des escadrons, tout comme les différents types d'aéronefs qui y évoluaient, sont présentés avec soin et détails, jusque dans les arrière-plans des cases, ce qui est vraiment plaisant.

Laverdure est toujours aussi gaffeur et maladroit, le cahier des charges et respecté et les habitués de la série (qu'elle soit "Classic" ou non) retrouveront ce qui fait son succès depuis tant d'années, mais avec une qualité graphique (qu'elle soit au niveau des dessins comme de la fabrication) tout à fait actuelle.
En résumé, même s'il vous faudra attendre le Tome 2 pour connaître le dénouement de cette aventure, je ne peux que vous conseiller ce nouvel album pour occuper agréablement un après-midi grisâtre de février !

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Le Mystère du Sabre jaune
Une aventure "Classic" de Tanguy et Laverdure (Tome 1)
Matthieu Durand / Patrice Buendia / Ketty Formaggio
Editions Dargaud - Zéphyr
48 pages
15,50 euros

vendredi 13 juillet 2018

Des racines (d'érable) et des ailes (en flèche)


Voici le reportage consacré par France 3 Lorraine à la 1ère Division Aérienne du Canada en France, et diffusé le 13 juillet 2018 sur les locales de France 3 Grand Est.
Ainsi monté, il témoigne de la façon dont m'est venue cette passion pour ce sujet, lorsqu'il y a 20 ans, je commençais à survoler la Lorraine et à découvrir l'ampleur et la multiplicité de ces friches aéronautiques datant de la guerre froide.

mercredi 28 octobre 2015

Le 439e Escadron canadien en entier dans un livre!

L'histoire du Squadron 439 de la RCAF est désormais compilée dans un livre!

Avec son emblématique insigne au tigre à dents de sabre, le 439e escadron de la Royal Canadian Air Force est une unité mythique de l'aviation canadienne dont la longévité n'a d'égale que la diversité de ses montures. 
C'était donc une gageure que de vouloir en retracer l'historique, d'autant que l'épopée de l'unité est loin d'être achevée puisqu'elle se poursuit encore de nos jours...

Chapeau, donc, à Marc-André Valiquette qui s'est lancé dans cette tâche avec la passion, la rigueur et le perfectionnisme qui avaient déjà fait la réputation de sa saga sur le Avro CF-105 Arrow, entre autres publications.

L'auteur Marc-André Valiquette présente son livre devant
un CF-104 aux couleurs du Squadron 439.

Son dernier opus, paru l'été dernier et intitulé Fangs of death / Les crocs de la mort, est un superbe ouvrage qui va sans aucun doute rendre très fiers les membres actuels ou passés du 439e Escadron et leurs descendants, tant l'hommage qui leur est rendu est compilé dans un beau volume. Précisons d'emblée que l'auteur est également l'éditeur et le concepteur du livre (en terme de maquette) et que la passion mise au service de la documentation et de la rédaction n'est pas sacrifiée sur l'autel de la fabrication. Ainsi, mise en page, qualité d'impression, reliure... poursuivent au plan éditorial le travail de qualité fourni par l'auteur.

La présentation à l'italienne permet notamment de proposer une maquette franco-anglaise intéressante, la page de gauche étant en anglais, celle de droite en français, et les photos se répartissant sur la double page, avec leurs légendes dans les deux langues. Voilà qui ravira les fanas d'aviation non anglophones, souvent frustrés de ne pouvoir profiter pleinement des textes des livres qu'ils achètent à l'étranger. L'alternative éditoriale canadienne permet en effet de combiner un tirage suffisant pour que l'entreprise soit financièrement viable, avec une cible potentielle assez large permettant de toucher et de contenter de nombreux lecteurs, de part et d'autre de l'océan Atlantique, puisqu'outre les Canadiens, un grand nombre de Français, Allemands et Belges ont été bercés au son des "jets" frappés de la feuille d'érable...

L'escadron 439, une unité qui ne manque pas de mordant!
Démarrant son historique à l'entrée en guerre du Canada durant la Seconde Guerre mondiale, l'auteur consacre un chapitre de 26 pages à la campagne de France. Volant alors sur Typhoon, les pilotes de l'unité appuyèrent le débarquement de leurs frères d'armes canadiens sur Juno Beach en Normandie, avant de poursuivre la bataille depuis d'autres terrains d'aviation français...

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Puis, rapidement, c'est la non moins glorieuse époque du Sabre et la mission de défense aérienne en Europe dans le cadre de l'OTAN qui sont détaillées au lecteur à travers 45 pages richement illustrées de nombreuses photos, dont plusieurs en couleurs et inédites. D'abord basé à North Luffenham (Angleterre), l'escadron fait mouvement sur Marville (France) en 1955. C'est là qu'au début des années soixante, l'unité s'enorgueillit d'une impressionnante mascotte : un véritable tigre - empaillé - offert à l'escadron par un maharadjah indien! 

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Au terme de huit ans de présence à Marville, les Sabre marqués de la feuille d'érable sont finalement retirés du service pour laisser la place, à partir de 1963, à une nouvelle monture, ouvrant une nouvelle page de l'histoire du 439e Escadron et de la base de Marville dont certains riverains se souviennent encore aujourd'hui....

CF-104 au roulage à Marville.

Car en effet, l'arrivée du CF-104 Starfighter - c'est bien de lui qu'il s'agit - au sein de la 1ère escadre canadienne fut très remarquée ne serait-ce que sur le plan sonore!
Sur les 56 pages du chapitre consacré au Starfighter une quinzaine concerne l'époque meusienne - puisqu'il est également question du détachement sur la base américaine d'Etain-Rouvres avec une belle photo des CF-104 sur la marguerite Nord-Est, à l'occasion de la réfection de la piste de Marville - avant que l'escadron ne quitte la France (à l'instar de toutes les autres forces nord-américaines en France) et ne rejoigne Lahr, puis Baden.

La transformation sur Hornet au cours des années 80 et le départ d'Europe en 1993 couvrent une trentaine de pages avant de retrouver le 439e Escadron en terre canadienne, à Bagotville, évoluant sur CT-133 Silver Star et hélicoptères CH-118 Iroquois, puis enfin, seulement sur hélicoptère CH-146 Griffon toujours en service à l'heure actuelle. 
L'escadron a de nos jours essentiellement une mission de recherche et sauvetage, et il lui arrive même d'intervenir hors des frontières canadiennes, comme en 2010 en Haïti suite au séïsme qui avait ravagé le pays...

De nombreuses annexes complètent cet historique notamment avec un trombinoscope des commandants d'escadron de ses origines à nos jours, mais aussi des photos de nombreux objets témoins du "tiger spirt" de l'escadron. L'auteur dans son souci du détail apporte une attention particulier au personnel de l'escadron, comme en témoignent les légendes des photos de groupes, où tous le noms sont cités et les personnels identifiés, ce qui ne manquera pas de les rendre fiers d'être des éléments reconnus d'une aussi emblématique unité canadienne.

L'auteur, aidé par Richard Girouard pour l'iconographie, nous sert ici un superbe album de mémoire, comprenant de très belles photos fort bien mises en valeur, tant en termes de format que de traitement. Seules deux ou trois d'entre elles se sont un peu "trop fait tirer sur les pixels", mais on voit bien qu'il y a eu un vrai souci esthétique, souvent un peu trop oublié de nos jours dans nombre de publications historiques, "garnies" de photos en basse définition "volées" sur internet et toutes pixelisées. Rien de comparable dans le travail de Marc-André Valiquette qui allie agréablement fonds et forme..

S'il faut vraiment trouver une (petite) remarque sur le contenu de ce superbe ouvrage, on peut (un peu) regretter un texte parfois trop factuel - parti pris assumé de l'auteur cependant : le journal de marche de l'unité ayant manifestement servi de trame historique, les noms d'exercices s'enchaînent parfois un peu vite, sans toujours savoir quels en étaient les objectifs ou les enseignements. Ainsi, les "Tiger Meet" reviennent annuellement dans le récit, mais cette répétitivité est atténuée par les jolies photos d'appareils de l'unité arborant une livrée "tigre" différente pour chaque occasion. Quelques témoignages et anecdotes des personnels impliqués, tant dans les exercices que sur les interventions réelles auraient sans doute permis de rompre un peu ce qui s'apparente parfois à une litanie de noms d'exercices et de manoeuvres. Mais c'est là le revers de la médaille pour une unité garante de la paix : lorsqu'il n'y a pas ou plus de bataille à raconter, il faut bien continuer de s'entraîner, et les récits d'exercices sont forcément moins palpitants que les batailles réelles de la Seconde Guerre mondiale, ou même les "affrontements" à fleurets mouchetés de la guerre froide. 

En 264 pages et des centaines de photos (nous ne les avons pas comptées), Marc André Valiquette signe ici, avec Richard Girouard, la bible du 439e Escadron canadien qui pourra constituer un très beau cadeau de Noël pour quiconque s'intéresse à l'aviation canadienne et à sa présence en Europe en particulier. Ce très bel ouvrage est le complément idéal de Marville RCAF Air Base des frères Baar et d'Hugues Herr, du Canadair Sabre de Larry Milberry, ou encore de NATO Tigers Fifty Years.

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Fangs of death / Les crocs de la mort
ISBN 978-2-9811552-8-3 
264 pages
49,95 CDN$ + frais de port.

Pour commander et éventuellement faire dédicacer votre exemplaire, contactez directement l'auteur en cliquant ICI, et visitez son site www.avrocanada-arrow.ca, où n'apparaît pas encore cependant son dernier volume Fangs of death / Les crocs de la mort. En revanche, c'est bien le cas sur sa page Facebook!

Si vous souhaitez l'avoir pour Noël, ne tardez pas trop et prévoyez un délai de livraison pouvant aller jusque 6-8 semaines suivant l'option de livraison que vous retiendrez!

Pour une livraison potentiellement plus rapide, mais sans dédicace, vous pouvez aussi l'acheter aux Pays-Bas via l'AviationMegastore.

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dimanche 25 janvier 2015

Eclats de vie d'un pilote de chasse 1952 - 1967



"Eclats de vie"!... le terme n'est pas volé, tant la vie d'un pilote de chasse peut être éclatante de prestige, volant vite et haut dans l'azur ; ou bien littéralement "éclater" à tout instant, en raison de la rupture d'aubes du compresseur du réacteur - entre autres causes - comme en témoigne Jean-Louis Sébastiani, un miraculé de l'aviation militaire des années cinquante et soixante.

Voilà une autobiographie qui mérite vraiment qu'on s'y penche, tant par son contenu que par le point de vue de son auteur et la période qu'il dépeint. Il s'agit en effet des quinze années de contrat liant Jean-Louis Sébastiani à l'armée de l'Air, qui coïncident aux heures les plus intenses de l'alliance France-OTAN sur le plan aéronautique. Dans ce contexte de guerre froide, la France était encore membre de l'Alliance Atlantique à part entière, avant son retrait du commandement intégré intervenu en mars 1967. Le point de vue d'un pilote français sur cette quinzaine d'années met aussi en perspective ce contexte de guerre froide avec celui de la guerre d'Algérie, passage obligé pour tout pilote de l'armée de l'Air à cette époque... Mais n'anticipons pas!

C'est après le baccalauréat que l'auteur commence son récit, en évitant pudiquement, du début jusqu'à la fin, les considérations personnelles et privées pour se concentrer sur sa passion et son métier. Devenir pilote et essayer de le rester, jusqu'à devenir si possible un "vieux pilote", voilà la trame narrative de cette autobiographie qui débute, au terme d'une visite médicale validant son aptitude à la chasse, par l'incorporation à Aulnat, dans ce qui ressemble à un "stalag" d'après la description qu'en fait l'auteur! Les réalités de la vie militaire sont bien loin de l'affiche séduisante émanant du bureau de recrutement, vantant l'armée de l'Air renaissante, dans une représentation quasi-romantique de jets modernes volant au ras des coquelicots!

Heureusement, l'Alliance Atlantique ouvre de nouveaux horizons à de nombreux jeunes apprentis pilotes au début des années cinquante. En effet, en plus de fournir à la France du matériel volant, les Etats-Unis prennent également en charge la formation de nombreux pilotes sur leur sol, offrant une alternative à l'école de chasse de Meknès aux élèves-pilotes les plus à l'aise avec la langue de John Wayne! Au terme s'un stage de pilotage de base sur Stampe au sein de l'aéro-club d'Albi, l'auteur prend donc le chemin de Marana AFB, en Arizona, pour y suivre le Primary Training sur T-6. Après une transatlantique surréaliste sur paquebot et une traversée ferroviaire épique des Etats-Unis, l'auteur découvre donc le désert, mais aussi la discipline et la pédagogie à l'américaine. Après six mois à Marana s'ensuit le Basic Training à Williams AFB pour six mois de plus.
D'après son récit, Jean-Louis Sébastiani semble traverser les différentes étapes de la formation à l'américaine sans difficultés apparentes. Il nous fait toutefois partager les doutes mais aussi les joies et les grandes satisfaction de l'élève pilote, transformé "de béotion du vol" à "pilote de chasse combat ready" en seulement dix-sept mois. Tant et si bien que l'année de formation occupe la moitié du récit de ses quinze années de pilote de chasse.

Après la découverte du jet sur T-33 et P-80 et la formation au tir sur F-84G et E à Luke AFB, c'est le retour en France, à Reims, au sein de la 3e Escadre de Chasse. Magie de l'Alliance Atlantique, l'auteur y retrouve le Thunderjet, appareil sur lequel il avait terminé son cursus quelques semaines plus tôt. Dans son escadron, le jeune pilote parvient à se faire une place parmi de nombreux "moustachus" vétérans de la Seconde Guerre mondiale. L'auteur témoigne à cette occasion de l'ambiance volontiers potache qui régnait encore dans cette armée de l'Air en phase de mutation.

C'est à l'occasion de manoeuvres depuis la base de Damblain que le destin du ce jeune pilote manque de tourner court : victime d'une panne à trop basse altitude, ne pouvant s'éjecter, il est forcé de se poser en catastrophe et frôle la mort. Jean-Louis Sébastiani a juste le temps d'être transformé sur F-84F avant d'être interdit de siège éjectable pendant deux ans, conséquence indésirable de son crash. Il prend alors la direction de l'Algérie, où contraitement à la majorité de ses collègues qui volent à cette époque sur T-6 ou T-28, lui va tâter de l'antique P-47 Thunderbolt au sein de l'Escadron d'Entraînement Opérationnel et de Calibration (EEOC) 1/17 à Oran-La Sénia. Le climat se durcissant, les prises d'alerte et la chasse aux fellaghas deviennent le lot quotidien de l'unité, rapidement rebaptisée Escadron de Chasse 1/20 "Aurès-Nementchas" et rattachée à la 20e Escadre de Chasse.

Après quatre ans de P-47 en Algérie, l'auteur peut enfin réintégrer une unité de chasseurs à réaction en métropole. Il s'agit de la 10e Escadre de Chasse basée à Creil, chargée de l'interception et de la défense aérienne. Si la reprise de contact avec un jet ne se fait pas sans quelque hésitation, rapidement, Sébastiani reprend de l'assurance aux commandes de son Super Mystère B2. De campagnes de tir en échanges d'escadron avec les Canadiens de Marville, l'auteur gravit les derniers échelons du parcours semé d'embûches que constitue la carrière de pilote de chasse opérationnel, jusqu'à sa qualification de Chef de Patrouille. Guerre froide et guerre d'Algérie se confondent une nouvelle fois quand des Mig Libyens menacent des positions algériennes, motivant un détachement de SMB2 de la "10" à Bône... C'est l'occasion pour l'auteur de découvrir une nouvelle géographie aérienne de l'Algérie, avec la vitesse et la puissance du SMB2 réduisant les distances et la menace du relief qui rendaient incertaines ses "expéditions" en P-47 quelques années plus tôt.

Avec l'année 1963, l'heure sonne de transmettre le flambeau et notre narrateur se retrouve instructeur à Tours sur Mystère IV au sein du 5e Escadron. A lui, à présent, de dispenser son savoir comme l'avaient fait ses mentors américains une décennie plus tôt. Le clap de fin retentit en février 1967 pour Jean-Louis Sébastiani, au terme d'un vol sur Mystère IV et d'une carrière de pilote bien remplie.

D'un style agréable où un humour certain et une réelle sensibilité artistique s'expriment (en plus d'être pilote de combat, l'auteur est dessinateur, peintre, imitateur et poète!), cette autobiographie riche d'anecdotes se dévore d'une traite. L'auteur fait en outre preuve d'un vrai souci de pédagogie, comme en témoigne, entre autres références, la présence d'un glossaire en fin d'ouvrage, rendant la lecture acccessible aussi bien au spécialiste qu'au béotien curieux et intéressé.
Sur le fond, rien à redire, donc si ce n'est à saluer l'effort de transmission mené par l'auteur. Sur la forme en revanche, on regrette que les nombreuses photos et illustrations (noir & blanc et couleur) jalonnant cette tranche de vie n'aient pas reçu le traitement qu'elles auraient mérité. Pertinentes et agréablement disséminées tout au long de l'ouvrage plutôt que dans un cahier central - ce qui sert mieux le propos de l'auteur - leur qualité d'impression est toutefois décevante, en raison d'un manque d'optimisation et d'un papier d'impression pas franchement adapté. En outre de nombreuses photos impliquent de pivoter le livre de 90° pour être admirées, et cette rotation continuelle n'est pas des plus confortable en cours de lecture. Enfin, le positionnement tarifaire est sans doute un peu élevé en comparaison d'ouvrages équivalents en termes de fabrication.

Ces considérations mises à part, Eclats de vie d'un pilote de chasse, de Jean-Louis Sebastiani, est à recommander à tous les lecteurs intéressés par l'aviation des années cinquante et soixante, celle à hélice des "opérations" de maintien de l'ordre en Algérie comme celle des "lampes à souder" supersoniques de l'industrie aéronautique française renaissante.

Enfin, si l'auteur s'est concentré dans cet ouvrage sur sa vie aéronautique, il convient de signaler un autre de ses livres paru chez le même éditeur : dans Au fil de la plume, Jean-Louis Sébastiani laisse davantage la place à l'inspiration poétique et aux sentiments qui l'habitent, pour découvrir une autre facette de cette riche personnalité.

Pour avoir un aperçu des premières pages de ce livre, CLIQUEZ ICI


Eclats de vie d'un pilote de chasse
1952 - 1967

Autobiographie

Jean-Louis SEBASTIANI

Editions Société des Ecrivains
ISBN : 9782342028522
356 pages

>> Commander sur le site de l'éditeur

mercredi 10 septembre 2014

Cap sur Marville!! - Modifié




Sous ce titre, qui pourrait être celui d'un album de Dan Cooper s'annonce en réalité une exposition historique, rétrospective de la présence de l'armée de l'air canadienne (RCAF) sur la base aérienne de Marville (55).

Une fois encore, on doit cette heureuse initiative à l'association Aeromarguerite, qui profite du retour d'une délégation de vétérans canadiens dans le Nord meusien et le Sud de la Gaume pour raviver le souvenir de la présence de la RCAF en France dans le cadre de l'OTAN, et signifier également aux Canadiens que leur effort pour participer à la défense de l'Europe durant la guerre froide n'a pas été oublié.

Au milieu des années cinquante, les Canadiens arrivent à Marville en pleine crise du logement, et sur une base à peine achevée, loin de pouvoir accueillir tous les militaires qui y sont affectés, sans parler de leurs familles! Les Canadiens s'établissent donc dans un rayon d'une cinquantaine de kilomètres autour de leur base d'attache, indifféremment du côté français ou belge de la frontière toute proche. 

C'est pourquoi lors de leurs retours, les commémorations franco-belges vont bon train. Ajoutons à celà que les organisateurs de ces journées canadiennes ne sont autres que les auteurs belges du livre commémoratif Marville RCAF Air Base (toujours disponible), et vous comprendrez que des localités belges soient très nettement parties prenantes dans les célébrations de la semaine prochaine.

C'est pourquoi l'exposition Cap sur Marville sera proposée gratuitement au public en mairie de Virton (Belgique), du 17 au 19 septembre, ainsi que les 22 et 23 septembre (pour les horaires voir affiches en en-tête).

Venez nombreux redécouvrir l'histoire de la 1ère escadre canadienne en Europe!

mercredi 20 novembre 2013

Conférence : les Américains en Meuse


De nombreuses commémorations se préparent en Meuse pour les quatre prochaines années dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre. En amont de cette période chargée pour les amateurs d'histoire, et pour élargir un peu le souvenir de la présence américaine dans ce département, l'association Traditions meusiennes vous invite à revivre la période américaine des 50's et 60's à l'occasion d'un week-end rétrospectif.

Déjà à l'initiative d'une exposition à Dieue-sur-Meuse au printemps dernier, l'association, sous la houlette de Michel Parisot, propose une nouvelle exposition revue et augmentée, du 29 novembre au 1er décembre prochain, au Centre Mondial de la Paix de Verdun.  Vous pourrez y (re)découvrir les nombreuses implantations américaines en Meuse durant la guerre froide, ainsi que leur raison d'être au sein de l'organisation militaire de l'OTAN. 

Cette exposition sera en outre complétée par deux conférences thématiques :

- Jeudi 29 novembre à 20h00, le professeur Pierre Labrude présentera l'histoire des hôpitaux américains dans le département.

- Le lendemain, vendredi 30 novembre, c'est moi-même, Fabrice Loubette, qui vous parlerai de l'histoire des implantations aéronautiques de l'OTAN en Meuse.

L'entrée et libre, alors n'hésitez pas à venir nombreux pour (re)découvrir cette période historiquement assez proche, mais qui n'est toutefois pas la plus connue de l'histoire militaire américaine dans le département de la Meuse.

mercredi 23 janvier 2013

Remise sur pieds!

Richard Bach en 2009. Photo: © Mercury press / Isaac Hernandez,

Bonnes nouvelles, cinq mois après le crash de l'aviateur-auteur Richard Bach, qui avait failli lui coûter la vie : sa rémission se passe bien, en dépit des importants traumatismes subis. Il aurait même repris l'écriture pour achever son best seller Jonathan Livingston le goéland. En effet, selon l'auteur qui fut jadis pilote sur F-84F à la base américaine de Chaumont, une quatrième et dernière partie était initialement prévue au roman, mais qui, pour une raison ou une autre, n'avait pas été incluse au roman paru en 1970. L'expérience d'un tel traumatisme et le flirt avec la mort aura peut-être convaincu l'auteur de la nécessité de compléter la tableau, démarche qui, de toute façon, ne pouvait être qu'une aide non négligeable dans le processus de rémission. Entouré de sa famille, la convalescence de l'auteur se poursuit donc favorablement. POur en savoir plus, voir l'article (en anglais) que lui consacre le Seattle Times.

Sabre Mk 5 Du 430e Squadron canadien de Grostenquin en octobre 1954.
Photo Bob Jones.

Une autre remise sur pied, et non des moindres, est à signaler ici-même : il s'agit plus précisément d'une remise en ligne, celle des sites internet de feu Ren l'Ecuyer consacrés à l'aviation canadienne, et notamment aux 1st et 2nd Wings de Marville et Grostenquin, ainsi qu'au QG de la division canadienne du château de Mercy. Après sa mort en 2007, les sites avaient été plus ou moins maintenus, tant bien que mal par sa femme Margaret qui s'était rapidement trouvée débordée. Les sites avaient finalement été "débranchés", et même si des archives partielles restaient accessibles, de nombreux documents patiemment accumulés et classés restaient en apparence perdus.
Ce n'est désormais plus le cas, puisque les sites développés par Ren l'Ecuyer sont à présent hébergés sur le site du musée canadien de l'électronique et des communications militaires - rappelons qu'un de ses sites concernait l'histoire des contrôleurs aériens canadiens.

Les sites sont donc progressivement remis en ligne dans le format qu'ils avaient avant le décès de Ren, et donc dans le format le plus abouti, à quelques exceptions près (documents ou ayants droits égarés). A priori, ces sites ne devraient plus évoluer et s'étoffer par de nouvelles contributions, le musée n'ayant semble-t-il pas cette vocation. On peut toutefois se féliciter de cette heureuse initiative, et les vétérans, comme ceux qui n'ont pas connu la présence des canadiens en France peuvent se réjouir d'avoir à nouveau accès à ces mines documentaires!



Bonne navigation - exploration!

vendredi 24 août 2012

Marville : retour de vétérans et conférence

1 Fighter Wing - North Luffenham.
Photo : National Archives of Canada
Le No. 1 Fighter Wing est à l'honneur ce week end à Marville! Depuis hier, une trentaine de vétérans canadiens ayant servi  dans la Royal Canadian Air Force (RCAF) sur la base de Marville sont réunis dans le Nord de la Meuse et le Sud de la Belgique pour cinq jours de commémorations.

A l'initiative de Pierre et Philippe Baar, à qui l'on doit l'excellent livre historique de la base de Marville, une nouvelle réunion de vétérans canadiens de Marville se tient du 23 au 27 août entre Marville, Montmédy (Fr), Virton et Florenville (Be). Après le tour de force réalisé lors de la première réunion, en 2005, lorsqu'un meeting aérien avait été organisé sur l'ancienne base canadienne, des nouvelles journées canadiennes s'étaient  à nouveau tenues en 2008 dans les environs de Marville. Cette année encore, les "pèlerins" Canadiens marquent leur attachement à cette région où certains d'entre eux se sont mariés et on vu naître leurs enfants.

Comme à chacune des réunions canadiennes du No. 1 Wing, les frères Baar
éditent un numéro spécial de l'ancien journal de la base, l'Arrowhead Tribune.

Ce week end est donc prévue une visite de l'ancienne base, samedi matin. Il s'agira sans doute d'un temps fort pour beaucoup, émus de retrouver les lieux où ils vécurent il y a un demi siècle, et qui plus est de les retrouver dans un état de délabrement certain. En fin de matinée, la mairie de Marville accueillera le groupe autour de l'exposition "Les grandes marguerites" proposée par l'association Aéro-Marguerite et le Souvenir Français, retraçant la période de guerre froide durant laquelle l'OTAN fit construire de nombreuses bases aériennes en Europe.

L'après midi, Carl Christie, auteur, historien et vétéran de Marville donnera une conférence (en anglais) sur l'histoire des années britanniques de la 1ère escadre canadienne en Europe. Rappelons en effet qu'avant de pouvoir s'installer à Marville, dans l'attente de l'achèvement de la construction de la base, les trois escadrons du 1er Wing canadien opéraient depuis la base anglaise de North Luffenham, de novembre 1951 à mars 1954. Cette conférence aura lieu à 16h30 à l'hostellerie d'Orval (belgique), située auniveau du carrefour menant à l'abbaye.
La stèle commémorative de la présence
canadienne à Florenville (Be)
Photo : Fabrice loubette

Le lendemain dimanche 26, les festivités se poursuivront en Belgique, à Florenville, place des Canadiens à 11h00. L'après midi, un quartier libre permettra aux participants de retrouver des lieux aimés et fréquentés autrefois. Quant au dernier jour, lundi 27, point d'orgue de la rencontre, une visite de la base aérienne belge de Florennes est organisée pour les Vétérans canadiens. Ils découvriront les appareils du 2e Wing Tactique, dont les F-16 ont aujourd'hui remplacé les F-84F Thunderstreak qui côtoyaient déjà les Sabre de Marville au milieu des années cinquante.... Le lundi soir, un concert et des festivités clôtureront ces journées de retrouvailles, sur la grand place de Saint-Mard (Be)

Une fois encore, les efforts investis pas les organisateurs de ces journées de retrouvailles belgo-franco-canadiennes seront certainement couronnés de succès, et les participants garderont certainement de très bons souvenirs de ce pélerinage à Marville!

mercredi 23 mai 2012

Souvenirs de la chasse tout-temps canadienne



S’il est un domaine de l’aviation militaire méconnu, car relativement peu traité dans la littérature aéronautique, c’est bien celui de la chasse tout-temps. L’obscur travail des équipages (pilotes & navigateurs) volant dans le brouillard, le nez dans leur tableau de bord, et agissant au gré de scopes lumineux un brin mystiques, est sans doute moins propice à perpétuer l’image d’Epinal du pilote de chasse que les héroïques récits de combats aériens tournoyants ayant fait le succès du Grand Cirque de Closterman ou, plus récemment, de Top Gun.

Il aura donc fallu une réelle volonté de témoigner et de transmettre de la part des auteurs (tous trois d'anciens navigants des escadrons tout-temps) pour mener à bien le projet éditorial ayant abouti, voici quelques mois, à la publication de Night Fighters. Le soutien de l’All-Weather Fighter (AWF) Association n’a sans doute pas été inutile non plus tant pour rassembler la matière nécessaire à  cet ouvrage que pour finaliser la démarche éditoriale et constituer un vivier de lecteurs garanti pour cet opus.

« Night Fighters » est un terme apparu durant la Seconde Guerre mondiale, et par lequel on désignait alors ces unités et leurs combattants au travail si spécifique : voler de nuit ou par mauvais temps pour aller frapper en étant ainsi moins vulnérable, ou intercepter sans être vu. D’où une certaine injustice dans le peu d’égards réservé à ces aviateurs spécialisés : avec des ennemis moins visibles et moins vulnérable, ne faut il pas en effet un niveau de maîtrise supérieur pour intercepter et détruire un intrus profitant de la nuit ou d’une météo exécrable pour mener sa besogne ? En effet, les spécificités de la chasse tout temps, si elles peuvent d’abord décourager le lecteur néophyte, se révèlent tout à fait intéressantes et méritent bien qu’on rende hommage à leurs praticiens.

Dans le courant des années cinquante, le terme « night fighters » tombe en désuétude remplacé par celui d’« all-weather fighters » (chasse tout-temps), jugé plus valorisant car dénotant la polyvalence des équipages. A cette même époque, dans un climat de guerre froide, le Canada met en place treize escadrons de chasse tout temps équipés de CF-100 Canuck pour prendre le relais de ses intercepteurs diurnes Sabre à la nuit tombée et par mauvais temps. Pour faire face à de potentielles attaques soviétiques, neuf de ces unités seront alors versées au NORAD, les quatre restantes étant affectées à l'OTAN et déployées en Europe. C'est ainsi qu'à partir de novembre 1956, les bases canadiennes de Marville, Grostenquin, Zweibrücken et Baden recevront chacune un escadron de CF-100 en remplacement d'un des trois escadrons de Sabre initialement installés.

Night Fighters nous fait ainsi monter dans le cockpit, aux côtés des pilotes et des navigateurs pour nous livrer des anecdotes et des souvenirs peu communs et pas franchement traités dans les historiques d'unités ou les livres rétrospectifs de l'aviation canadienne. On découvre ainsi que le CF-100 était un avion qu'il fallait apprendre à dompter. Pour autant, les pilotes, même aguerris au Canuck, pouvaient être confrontés à une éjection non désirée ou au départ intempestif des 58 rockets emportées dans les pods fixés en bouts d'ailes! Le chauffage à bord fonctionnait mal et le givrage dans le cockpit était fréquent, les bottes des pilotes étaient d'ailleurs parfois gelées au plancher de l'appareil! Paradoxal pour un avion conçu pour évoluer dans le grand Nord canadien!

Il ne s'agit pourtant pas à proprement parler d'un ouvrage didactique, et le lecteur curieux de connaître l'histoire des escadrons tout-temps au sein de la RCAF fera mieux de commencer par des ouvrages plus généraux pour ensuite approfondir avec cet opus. En effet, Night fighters, tant dans sa forme que dans son fond, s'adresse à des lecteurs connaissant déjà un minimum les avions, les bases et les missions des escadrons tout-temps. Aussi, cet ouvrage viendra avantageusement compléter des livres comme Canucks unlimited, de Bob Baglow, ou The Avro CF-100, de Larry Milberry. Le texte est une compilation de souvenirs et d'anecdotes rédigés par une foule d'anciens pilotes. Malgré un gros travail de relecture et d'harmonisation de la part des trois auteurs du livre, force est de constater que le fil conducteur n'est pas toujours très apparent, d'autant que le texte n'évite pas certaines redites ou digressions. A l'inverse, on regrette parfois que certaines informations n'apparaissent pas, comme la base ou l'escadron servant de théâtre à tel ou tel récit.

L’iconographie est quant à elle assez maigre et exclusivement en noir et blanc. Même l’illustration quadrichromique de couverture, qui aurait pu mettre en avant une belle photo d'époque, n'accueille qu'un dessin un peu décevant où, si l’on reconnaît bien un CF-101 Voodoo (qui remplaça le CF-100 à compter de 1961 dans les missions tout-temps) on distingue l’arrière d’un bombardier Vulcan pour figurer le Canuck. Ces appareils sont, certes, tous deux sortis des usines Avro, mais représenter un bombardier à la place d'un intercepteur sur la couverture du livre est tout de même assez regrettable! Toujours est-il qu'un cahier central de photos couleurs aurait apporté un "plus" certain à cet ouvrage dont l'iconographie est un peu le talon d'Achille.

Pour conclure, gardons à l'esprit que Night Fighters compile des histoires inédites de premier plan, de la main même de leurs acteurs, qui reviennent sur une époque (la guerre froide) encore peu traitée dans l'histoire de l'aviation, sur un sujet (la chasse tout-temps) qui l'est tout aussi peu! Du milieu des années cinquante au début des années quatre-vingt, du CF-100 Canuck au CF-101 Voodoo, Night Fighters nous plonge dans l'univers des défenseurs du grand Nord canadien et de l'Europe occidentale en leur rendant un réel hommage, et notamment à ceux qui ont laissé leur vie dans l'exercice de leur fonction. 
Qu'ils en soient tous remerciés!

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Night Fighters
Stories from the flyers of Canada's all-weather fighter force
Canada and Europe, 1953 to 1984
Compilé et édité par John Eggenberger, Bob Merrick et Doug Munro
24.95 $


dimanche 20 mai 2012

Réunion du 1er Wing de Marville : derniers jours pour s'inscrire!

Bel assortiment de dérives colorées pour ces Sabre de la
1ère Division Aérienne Canadienne vus à Prestwick.
© G. Macadie

La 4e réunion des anciens du 1er Wing canadien de Marville approche à grands pas! Une fois encore, à l'initiative des frères Baar, auteurs de l'excellent livre sur l'histoire de la base canadienne de Marville, des retrouvailles et commémorations canadiennes sont organisées dans la région frontalière franco-belge proche de Marville.

Passage en revue des escadrons du 1st Wing de Marville par des autorités canadiennes.
©  DND PL-127988

Cet évènement qui devrait réunir une trentaine de vétérans canadiens de la RCAF (et/ou leurs enfants, étant souvent nés, ou ayant grandi à la clinique de la base de Marville) se déroulera du 23 au 28 août prochains.

Comme à chaque édition, ce rassemblement sera chargé d'émotions, notamment lors des cérémonies commémoratives aux PMQ's (cités canadiennes), lieux de vie et de souvenirs, mais aussi dans les villes et bourgs des environs, de part et d'autre de la frontière franco-belge.

Ainsi, des manifestations sont d'ores et déjà prévues à Virton (B), au cimetière de Marville (F) ainsi que sur l'ancienne base aérienne qui fera l'objet d'une visite le samedi 24 août. A cette occasion, les rues de l'anciennes base, qui abritent aujourd'hui une zone industrielle, devraient se voir baptisées du nom de personnalités canadiennes ayant servi à Marville.

Sur la base, une exposition de photos d'époque retracera la grande époque où le grondement des réacteurs des Sabre, Canuck et autres Starfighter retentissait dans la campagne environnante. Point d'orgue de cette journée du samedi, une conférence (en anglais) de Carl Christie retracera les grandes heures de l'histoire de la Royal Canadian Air Force (RCAF)

Le dimanche, les festivités se poursuivront à Florenville (B), avant de continuer le lundi, par une visite de la base aérienne belge de Florennes (qui fête cette année son 70e anniversaire et organise un meeting aérien à cette occasion les 23 et 24 juin prochains) et de l'Euro Space Center.

Retrouvailles belgo-canadiennes autour de souvenirs de la base de Marville à
l'occasion de la 3e réunion des vétérans canadiens, en juin 2008.
© F. Loubette. 

Les vétérans de Marville (ou d'autres unités de la RCAF en Europe) qui aimeraient participer à ces retrouvailles doivent s'inscrire sans tarder, avant le 30 mai prochain auprès de Philippe et Pierre Baar qui vous indiqueront les modalités financières dans le détail.

Philippe et Pierre Baar
Rue de la station, 22
Saint-Mard (Virton), Belgique  B6762
Pierre.Baar@ec.europa.eu
011-32-63-57-88-50

N'oubliez pas de visiter également la page facebook de l'évènement!

    

dimanche 1 janvier 2012

Bonne année 2012 !

F-105 et F-104 de diverses forces aériennes de l'OTAN alignés sur la piste
de Chaumont lors d'un Tactical Weapons Meet. © USAF
(cliquer pour agrandir)

A tous les lecteurs de ce blog, je souhaite une très bonne année 2012! Qu'elle soit synonyme de bonheur, d'amitié, de santé et de beaux meetings aériens!

Pour le sujet qui nous intéresse, l'année 2012 promet d'ores et déjà d'être intéressante. En effet, deux réunions de vétérans sont déjà planifiées :

- la première concerne la venue de vétérans américains du 317th Troop Carrier Wing jadis basés à Evreux-Fauville, du 20 au 25 juin prochain. Un Meeting National de l'Air se tiendra d'ailleurs sur la BA 105 d'Evreux le week-end du 24-25 juin.

- quelques mois plus tard, c'est du côté de Marville, dans la Meuse, que se tiendra un autre rassemblement, de vétérans Canadiens cette fois. Une page Facebook est d'ailleurs consacrée à la préparation de cet évènement prévu du 23 au 28 août.


De nouvelles publications intéressantes sont également dans les tuyaux pour 2012, dont une en anglais, prévue pour ce mois de janvier. Consacrée à la chasse tout-temps de la RCAF au Canada et en Europe, concernant donc plus particulièrement les unités de CF-100 Canuck et de F-101 Voodoo, le livre s'intitule Night Fighters: Stories from the Flyers of Canada’s All-Weather Fighter Force, Canada and Europe 1953 to 1984. A noter que l''un des trois co-auteurs est un vétéran ayant servi à Grostenquin, Zweibr¨cken et Baden Soellingen.

Enfin, l'association Anciens Aérodromes continue d'étoffer sa collection d'études "Aérodromes" et travaille actuellement sur un opus consacré à Coulommiers-Voisins, terrain qui fut mis aux standards OTAN dans le courant des années cinquante pour devenir une base de dispersion (DOB). Date de parution à préciser dans les semaines à venir.

Bien sûr, il ne s'agit là que d'une partie des évènements et parutions que nous réserve l'année 2012, n'hésitez donc pas à visiter régulièrement ce blog pour vous tenir informé des dernières nouvelles. De même, si vous êtes à l'initiative d'évènements, ou si vous voulez faire part aux lecteurs de publications qui auraient échappé à ma vigilance, n'hésitez pas à m'envoyer un petit message pour que je relaie l'info dans ces colonnes (rubrique "contact" en haut de la colonne de droite!).

Pour finir, à l'heure ou ce blog approche de la barre des 20000 visiteurs, je suis heureux de vous faire part de la naissance de sa version anglophone destinée à toutes les personnes intéressées par l'aviation de l'OTAN en France pendant la guerre froide, et en particulier aux vétérans des bases américaines et canadiennes. Pour accéder à cette nouvelle version complémentaire, cliquez ICI.

Encore une fois, bonne année 2012, et merci de votre fidélité qui je l'espère, perdurera cette année! 

jeudi 13 octobre 2011

Dan Cooper est orphelin...


Le "pilote de bande-dessinée" Dan Cooper, alter ego canadien de Buck Danny, se retrouve orphelin depuis le 29 septembre dernier, date du décès de son créateur et dessinateur, Albert Weinberg. Il aurait eu 90 ans au printemps prochain.

De nombreuses aventures de Dan Cooper se déroulent à partir des bases aériennes canadiennes de Baden-Söllingen ou Lahr, en Allemagne. Un album a même pour cadre la base de Marville! (Dan Cooper : Le mystère des soucoupes volantes). Le 12e volume de l'intégrale de la collection comprend d'ailleurs, en introduction, un reportage réalisé par Weinberg lors d'un de ses passages à Marville, à l'époque des CF-104 Starfighter.

Albert Weinberg a rejoint le ciel où il aimait tant voir évoluer les avions et notamment les "jets" canadiens... 

Bon vol Albert!


Albert Weinberg
9/04/1922 - 29/09/2011

vendredi 22 avril 2011

Grostenquin à la Une...



... d'Air Fan! (numéro 389, avril 2011).

L'ancienne base canadienne située en Moselle (57) est en effet doublement mise en lumière ce mois-ci dans le magazine de référence de l'aéronautique militaire.

C'est d'abord dans le cadre du 4e volet d'un dossier fleuve sur l'Aviation Légère de l'Armée de Terre (ALAT) qu'il est question de Grostenquin. Signé Henri-Pierre Grolleau, cet article propose un récapitulatif agréablement illustré d'un exercice réalisé par le 3e Régiment d'Hélicoptères de Combat d'Etain (55) sur l'ancienne base de la RCAF. Il s'agit manifestement de l'exercice que j'évoquais ici même l'année dernière.

Enfin, Diego Ruiz-Palmer continue son excellente série d'articles sur l'histoire des structures aériennes de l'OTAN. Au programme ce mois-ci : la première partie d'un article consacré au cinquantième anniversaire du NATINADS (NATO Integrated Air Defense System - Système de défense aérienne intégré de l'OTAN), dont la 1ère Division Aérienne Canadienne et ses quatre bases en Europe était un élément clé.

De nombreuses photos inédites d'intercepteurs diurnes et tout temps de l'OTAN, dont plusieurs en couleurs, illustrent avantageusement ces pages. Plusieurs clichés représentent notamment des avions canadiens de Grostenquin. A ce sujet, signalons quelques erreurs de légende : page 35, photo du bas : le Sabre représenté, était en effet basé à Grostenquin, mais il appartenait au 430 Squadron "Silver Falcon" et non au 421 Squadron "Red Indian" comme indiqué dans Air Fan. De même, page 39, photo du haut, il s'agit là encore de pilotes de Sabre du 430 Squadron, et non d'équipages de CF-100 du 423 Squadron.

Enfin, pour clore le tour d'horizon des photos relatives aux bases de l'OTAN en France, signalons également la superbe photo couleur de la page 33, représentant les fers de lances des aviations de l'alliance Atlantique rassemblés sur la base américaine de Chaumont en 1964.

Chapeau à l'auteur pour cet article original et très bien illustré : on attend la suite avec impatience!

mercredi 1 décembre 2010

Les armées de l'OTAN en Meuse


Dans le département de la Meuse (55), chaque année depuis 1973, un week-end du mois d'octobre est consacré aux désormais traditionnelles "Journées d'études meusiennes" (JEM). 

Co-organisées par l'université Nancy 2, le Centre Régional Universitaire Lorrain d'Histoire, la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar le Duc et le Conseil Général de la Meuse, ces journées d'études proposent au grand public de découvrir différents épisodes de l'histoire meusienne, par le biais de conférences d'historiens et de spécialistes, intervenant chacun sur leur époque de prédilection.

C'est ainsi qu'on me proposa, il y a deux ans, de prendre part aux XXXVIe JEM à Fresnes en Woëvre, au sujet de la présence des armées de l'OTAN en Meuse : la thématique de cette édition 2008 était en effet "Meuse, terre de guerres".

Mon intervention (une quinzaine de pages) fut donc composée d'une présentation illustrée (6 photos) des bases aériennes d'Etain-Rouvres (USAFE) et de Marville (RCAF), ainsi que du dispositif de l'US Army installé à Verdun, et notamment le QG de l'Advanced Section de l'US Communication Zome Europe (US COMZEUR) chargé du bon fonctionnement de la ligne de communication et de ravitaillement entre les ports français de la côte atlantique et les unités US basées dans le Sud de l'Allemagne et l'Est de la France.

Aujourd'hui, les actes des XXXVIe journées d'études meusiennes sont enfin édités et disponibles à la vente auprès de la Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar le Duc.

Précisons au passage que deux erreurs de légende se sont glissées dans mon chapitre lors de la mise en page chez l'imprimeur. Les spécialistes et les spotters auront rectifié d'eux-mêmes, mais sachez cependant que les légendes des photos en page 303 (F-100D - devenu au passage F-1000 - Super Sabre du 49th TFW) et en page 305 (F-84F Thunderstreak de l'Ohio ANG) ont été interverties.

Pour commander les actes des XXXVIe journées d'études meusiennes, adressez un chèque de 33,15€ (port compris) à l'ordre de la Société des lettres de Bar le Duc, accompagné d'une enveloppe matelassée à votre adresse (format minimum 25x16,5 cm) à l'adresse suivante :

Société des Lettres, Sciences et Arts de Bar-le-Duc
chez Madame Cazin
25 rue Martelot
55000 Bar-le-Duc

vendredi 12 novembre 2010

Marville comme si vous y étiez


Continuons notre tour d'horizon des idées cadeau, toujours au rayon "livres", avec un opus qui mérite vraiment un "coup de projecteur" : Marville RCAF Air Base.

Comme son nom l'indique, ce livre revient sur l'histoire du 1er Wing canadien de Marville (55), installé dans la Meuse, quatorze années durant. 
L'escadre, composée de trois escadrons de vingt-cinq appareils chacun, fut d'abord intégralement dévolue à l'interception et à la chasse diurne, avec ses CL-13 Sabre Mk 2 (version fabriquée sous licence par Canadair du fameaux F-86 américain). Puis, pour combler la faille que représentaient la nuit ou les nuages dans le système anti-intrusions de l'OTAN, un des trois escadrons de Sabre fut remplacé par un escadron de dix-huit CF-100 Canuck, à l'instar des autres escadres canadiennes déployées en Europe au cours des années cinquante. Ce nouvel appareil, intercepteur tout-temps, permettait aux aviateurs canadiens d'assurer une alerte H24 face à d'éventuelles incursions belliqueuses de bombardiers soviétiques.

Même s'ils furent régulièrement remplacés par des versions plus performantes (Mk 5 puis Mk6), les Sabre arrivèrent à l'âge de la retraite au début des années soixante, alors qu'ils commençaient à côtoyer dans les cieux européens des intercepteurs de dernières générations (comme le Mirage III), reléguant définitivement les intercepteurs canadiens (Canuck compris) au rang d'"antiquités".

Il était temps pour la division canadienne en Europe de changer de monture, ce quelle fit en 1963, en changeant également de mission. Si toutes les bases canadiennes en Europe s'apprêtaient à recevoir le CF-104 Starfighter comme nouvelle dotation, l'escadre de Marville fut la seule des quatre Wings de la RCAF à se voir confier la mission de reconnaissance aérienne. L'unité, désormais composée de deux escadrons, assura ce rôle depuis la France jusqu'au printemps 1967, date du retrait de la France du commandement intégré de l'alliance Atlantique. A cette date, la base de Marville ferma définitivement. Les forces aériennes canadiennes qui y stationnaient prirent la direction de Lahr, en Allemagne, pour continuer leur mission au sein de l'OTAN, au départ de la rive droite du Rhin.

Si c'est bien entendu cette histoire militaire et politique qui sert de trame à ce superbe livre, de nombreux autres aspects sont également évoqués!  L'installation de la base canadienne eut en effet de telles conséquences dans le paysage et dans la vie économique, sociale et culturelle du Nord-meusien et d'une partie de la Belgique toute proche que les auteurs, eux-mêmes belges, ne pouvaient omettre de revenir sur les célébrations diverses, les rencontres sportives entre Belges, Français et Canadiens et les amitiés qui se nouèrent entre ces trois peuples.

Richement illustré de nombreux clichés inédits, dont beaucoup sont en couleurs, ce livre est à la hauteur de l'investissement personnel de ses auteurs. Edité une première fois en 2004, coup de coeur de l'Aérobibliothèque, il avait été rapidement épuisé, incitant les auteurs à le ré-éditer en 2007.
Quelques exemplaires restent donc encore disponibles à ce jour, mais ne tardez pas à le commander, cette "seconde chance" est la dernière qui s'offre à vous! 
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Marville RCAF Air Base
par/by Philippe Baar, Pierre Baar, Hugues Herr
Autoédition
Préface par/foreword by G/C D.J. Williams, commandant de la base de Marville (1956-1959). 
& Général Robert Christie, dernier commandant de la base de Marville (1966-1967). 
356 pages, 22,5 x 30,5 cm - couverture souple / paperback
Texte en français, légendes des photos en français et en anglais
Text in french, captions in both french and english.

60 € + frais de port variable selon destination / Shipping costs depending on the destination (Belgique / Belgium : 10 € / France : 12 € / Canada : 15 €)

Pour commander, utiliser la rubrique "Contact" de ce blog.
Je relayerai les demandes aux auteurs en Belgique (merci de préciser le nombre d'exemplaires désirés et l'adresse postale de destination).

To order, please use the "Contact" link of this blog and I will transfer the requests to the authors ( be sure to notify how many books you want, and where you want them to be shipped).


Disponible également à la Maison du Livre Aviation!