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samedi 30 mars 2019

La bible des "Faucons argentés"

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Basé à Grostenquin (Moselle) treize années durant, l'escadron 430 de la Royal Canadian Air Force a fêté ses 75 ans en 2018. L'auteur canadien Marc-André Valiquette a dignement marqué cet évènement avec la publication à l'automne 2018 d'un superbe ouvrage rétrospectif à l'occasion de cet anniversaire.


Non, il ne s'agit pas d'un ouvrage d'ornithologie! Les "Faucons argentés" font bien ici référence aux membres de l'aviation royale du Canada qui ont fait - et font toujours - vivre le No. 430 Squadron "Silver Falcon". Les 3/4 de siècle de l'unité ont constitué l'occasion rêvée pour l'auteur-éditeur québecois Marc-André Valiquette, de prodiguer à cet escadron le même "traitement de choc" éditorial qu'à ses précédents sujets. Son réel savoir faire en la matière a abouti en un livre de premier choix, tout comme ses précédents ouvrages. Après une remarquable saga sur le programme avorté CF-105 Arrow, l'auteur se consacre, depuis 2012, aux anniversaires marquants d'unités emblématiques de la Royal Canadian Air Force (RCAF). Après l'escadron 425 en 2012, l'escadron 439 en 2015 dont nous avions proposé une recension ici même, et la 3e escadre de Bagotville en 2017, c'est à présent un escadron septuagénaire, encore en activité de nos jours au Québec, qui est mis à l'honneur.



L'étude de Marc-André Valiquette s'ouvre sur l'engagement du Canada dans la Seconde Guerre mondiale et sur la formation, en Angleterre, le 1er janvier 1943, de l'escadron 430 (No. 430 Squadron). L'unité est équipée de Curtiss Tomahawk le temps de l'instruction des pilotes, puis de Mustang Mk1, plus particulièrement chargés de la reconnaissance aérienne dans le cadre de la préparation du Débarquement de Normandie, ainsi que du réglage des tirs d'artillerie.

Dissous au terme du conflit, l'escadron renait six ans plus tard, en 1951, dans le contexte de la guerre froide. Evoluant désormais sur jet, et plus particulièrement sur le mythique et élégant Canadair Sabre, l'unité se voit confier la mission d'interception et de défense aérienne diurne. Dans ce contexte, il intègre la 2e Escadre de chasse de la RCAF qui doit déménager pour s'installer en France, au titre de la participation du Canada à l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN)


Durant l'opération Leapfrog, aux côtés de leurs camarades des escadrons 416 et 421, les pilotes du Squadron 430 traversent l'océan Atlantique par étapes, seuls à bord de appareil leur mono-réacteur...


... pour arriver sur une base aérienne à peine sortie de terre et loin d'être achevée et opérationnelle. Mais qu'importe, la 2e escadre canadienne a pour vocation d'envoyer un message fort aux alliés, mais surtout aux adversaires de l'OTAN : depuis Grostenquin, les pilotes et leurs chasseurs veillent pour barrer la route aux bombardiers soviétiques qui auraient dans l'idée de franchir le Rideau de fer ! D'autres escadres canadiennes viendront dans la foulée s'installer sur le continent européen pour constituer la 1ère Division aérienne canadienne, alignant au plus fort de son histoire jusqu'à douze escadrons de 25 Sabre chacun !

L'escadron 430 est donc un des premiers à arriver en Europe, essuyant les plâtres du dispositif canadien au sein de l'OTAN, un peu perdu au milieu de la campagne lorraine, dans une région minière et en partie germanophone où l'acculturation ne coule pas de source pour les militaires canadiens, dont tous ne sont pas francophones, loin s'en faut !


Rapidement, les pilotes de l'escadron, puis de l'ensemble de la division, se forgent une réputation de "rois du ciel" à bord de leur version canadienne hyper manoeuvrante du Sabre. Boosté par un réacteur Orenda, le Sabre en service au Squadron 430 est en outre régulièrement modernisé (Mark 2, puis Mk 5 et enfin la verison ultime, Mk 6).

Pourtant, avec l'évolution des matériels, et l'arrivée du Mirage III, le Sabre canadien est détrôné et la division aérienne change de mission et de monture.



Ré-équipés avec le CF-104 Starfighter, les "Faucons argentés" se voient confier la mission de dissuasion nucléaire à partir de la fin de l'année 1963.
Problème : les Américains s'y étaient déjà essayés depuis la France quelques années plus tôt, avant de se "casser les dents" sur les positions politiques du général de Gaulle et de devoir déménager leurs escadres tactiques hors de l'Hexagone.


Sur la question nucléaire, les mêmes causes produisent les mêmes effets, feuille d'érable sur le fuselage ou non : les bombes, elles, restent américaines, et dons indésirables sur le sol français. Pour assurer leur mission, les "Faucons argenté"s (et leurs voisins de marguerite les "Indiens rouges" de l'escadron 421) sont contraints de quitter Grostenquin pour s'installer en Allemagne. Un saut de puce, qui, pour la mission des unités, ne change strictement rien, contrairement aux riverains qui voient la "poule aux oeufs d'or" s'envoler, et la base fermer...


C'est depuis Zweibrücken, tout contre la frontière française que l'escadron poursuit son activité au sein de la 3e escadre de chasse canadienne. Les appareils et leurs pilotes ont toutefois l'occasion de repasser régulièrement en France, comme à l'occasion des concours de bombardement organisés depuis la base américaine de Chaumont dans la première moitié des années 1960, et opposant les 2e et 4e Forces aériennes tactiques alliées d'Aircent.



Après un nouveau déménagement de Zweibrücken à Lahr, l'unité change radicalement de mission à partir de 1971 puisqu'il regagne le Canada pour devenir un escadron d'hélicoptères, toujours actif de nos jours !



Comme les précédents ouvrages de l'auteur, ce livre de 264 pages est abondamment illustré de photos rares et de très belle qualité et rédigé en français et en anglais ! La mise en page est agréable, faisant la part belle à l'iconographie. Les texte, surtout basé sur les cahiers de marche de l'escadron, sont assez courts sur chaque page, permettant d'aller à l'essentiel tout en se reportant au photos pour illustrer le propos. L'ensemble se lit donc bien, servi par une impression de qualité, sur un beau papier épais.

Enfin, et ce n'est pas négligeable, Marc-André Valiquette a eu la bonne idée de faire référencer ses livres chez Aviation Megastore à Amsterdam, ce qui permet aux potentiels acquéreurs européens un peu plus de faciliter pour commander l'ouvrage, évitant le taux de change et les formalités douanières depuis le Canada.

Pour commander le livre sur l'escadron 430 au prix de 49,95 euros, suivez ce lien. S'il apparaît indisponible, armez vous d'un peu de patience, le magasin en recommandera sans doute rapidement.
Et tant que vous y êtes, je ne saurais que trop vous recommander d'ajouter à votre panier le précédent livre de l'auteur consacré à l'escadron 439 basé à Marville à la même époque (découvrez sa recension ICI). C'est un ouvrage tout aussi bien réalisé qui en plus est en promotion à moins de 20 euros ! Profitez-en !

 

Pour être complet, sachez qu'une édition limitée collector du livre sur le No. 430 Squadron a également été publiée (75 exemplaires), avec couverture en relief, macaron, le tout proposé dans un superbe coffret pour un prix de 300$ canadiens (port en sus). Il n'en restait qu'une dizaine fin janvier et peut que quelques exemplaires demeurent disponibles. Pour le commander, contacter directement l'auteur en cliquant ICI.

Aucune description de photo disponible.
L'édition collector est proposée dans un très bel écrin
Aucune description de photo disponible.

mercredi 12 avril 2017

Des Canadiens de retour à Mercy

Les Canadiens posent pour la photo souvenir sur le perron du château.
© F. Loubette  

En ce mercredi 12 avril 2017, une délégation d'une petite trentaine de Canadiens
a eu l'occasion de revenir au Château de Mercy, près de Metz, où il vécurent une partie de leur enfance, quand leurs parents travaillaient au quartier général de la 1ère Division Aérienne Canadienne en Europe.

Ces membres d'une association canadienne d'anciens élèves de l'école "Général Navereau" de Metz s'étaient donné rendez-vous en France en ce mois d'avril à l'occasion d'un triple anniversaire : le centenaire de la bataille de Vimy, près d'Arras, durant laquelle les soldats canadiens payèrent un lourd tribut pendant la Seconde Guerre mondiale ; le cent-cinquantième anniversaire du Canada et le cinquantième anniversaire du départ définitif des Canadiens de Metz et, plus globalement, de France.

© F. Loubette

A l'époque, les chauffeurs des haut-gradés canadiens défilaient en voiture au pied du perron.
© OTAN
A Metz depuis deux jours, ces enfants de militaires de la Royal Canadian Air Force ont eu la possibilité de visiter le château de Mercy, spécialement ouvert pour eux aujourd'hui.
Le Château étant actuellement propriété de Metz-Métropole, le groupe fut accueilli ce matin par son président, Jean-Luc Bohl. Ce dernier est revenu brièvement sur les temps forts de l'histoire du château et ses particularités architecturales. Il connaît d'autant mieux ses spécificités que le propriétaire originel qui a fiat construire le château, Maurice de Coëtlosquet, était un aïeul de Mme Bohl.

Les visiteurs canadiens investissent le grand hall d'entrée.
© F. Loubette
Les Canadiens ont ensuite pu passer une bonne heure à déambuler dans les différentes salles du château, redécouvrant ces espaces plus de cinquante ans après y avoir souvent accompagné leurs parents. De nombreuses photos ont été prises par l'ensemble du groupe durant cette occasion unique à laquelle se sont greffés quelques locaux passionnés de patrimoine. Comme j'en faisais partie, et qu'on ne sait pas quelle sera la prochaine occasion de visiter l'intérieur, ni si les dégradations ne se seront pas développées d'ici là, je vous propose quelques vues de l'intérieur de ce somptueux édifice. 

La colossale cheminée du hall d'entrée.
© F. Loubette

Détail de la cheminée du hall d'entrée. 

© F. Loubette  

Présentation des bases de la 1ère division aérienne canadienne en Europe.
© CJFIC
On a retrouvé la cheminée de la photo précédente. Son manteau a été épargné par les vandales
(pour l'instant), contrairement à plusieurs autres cheminées du château.
© F. Loubette

Couloir longitudinal du rez-de-chaussée.
© F. Loubette

Grande salle du rez-de-chaussée au impressionnantes boiseries donnant sur l'arrière du château.
© F. Loubette
Le grand escalier vu depuis le hall d'entrée.
© F. Loubette
Le hall d'entrée vu depuis le grand escalier.
© F. Loubette

La cage du grand escalier vue depuis le premier étage.
© F. Loubette
La cage du grand escalier vue depuis le premier étage.

© F. Loubette
© Eakins
Le palier du premier étage.
© F. Loubette 

Au premier étage, au dessus du hall d'entrée, une grande salle aux impressionnantes boiseries.
© F. Loubette

La même salle au premier étage.
© F. Loubette
Vue de la chapelle depuis la salle aux boiseries du premier étage.
© F. Loubette
Détail des plafonds.
© F. Loubette

© F. Loubette

Le château vue de devant.
© F. Loubette
Même scène au début des années soixante
© CFJIC

Stèle qui soutenait la plaque commémorative, dans la cour du château, avant qu'elle ne soit pillée.
© F. Loubette

Le château de Mercy vu depuis l'arrière.
© F. Loubette 

Les Canadiens sont repartis honorés et ravis d'avoir pu, une dernière fois sans doute, fouler ces lieux chargés de souvenirs. A ce jour, la destinée du château de Mercy est encore incertaine...

vendredi 21 août 2015

Air Action n° 26 avril 1991: Le 26th TRW de TRAB à ZAB



C’est un article de quatorze pages (dont le poster central) que Jean-Michel Guhl consacrait au séjour en Europe des RF-4C Phantom du 26th Tactical Reconnaissance Wing de l’US Air Force, à l’occasion de leur départ définitif de Zweibrücken Air Base (ZAB) au printemps 1991. 
Empreint d’une forte dose de nostalgie, cet historique revient d’abord sur l’arrivée en Europe des premiers Phantom « reco », à Toul-Rosières Air Base (TRAB) au milieu des années soixante. 
De 1965 à 1991, soit 26 années de présence en Europe pour le 26th TRW… 
L’auteur re-situe le contexte en dressant un panorama des unités de reco US en Europe avant l’arrivée des Phantom.

A cette époque, la base de Toul vivait déjà à l’heure de la reco, mais sur RB-66 Destroyer. Ses deux escadrons furent déplacés à Chambley au milieu des années soixante pour laisser la place aux nouveaux venus. Quant aux escadrons du 66th TRW, autre unité reco emblématique de l’US Air Fore en France, ils étaient alors déjà répartis sur d’autres bases, certains étant en cours de transformation en vue de leur réaffectation à d’autres escadres dans le grand mercato des restructurations opérationnelles, sur fond de guerre du Vietnam. Ainsi, les pilotes du 32nd TRS qui évoluaient jusqu’alors sur RF-101C Voodoo au départ de Laon-Couvron furent donc transformés sur RF-4C à Shaw AFB, grande base US alors spécialisée dans la reconnaissance, pour être redéployés à Toul… A ses côtés, les 22nd et 38th TRS complétèrent l’unité pour lui donner son format nominal à trois escadrons.

Avec le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN et le départ de l’Hexagone des unités alliées, les Phantom de Toul prirent le chemin de l’Allemagne, après moins d’un an passé en Lorraine. C’est d’abord vers Ramstein que s’exile le 26th TRW. Il y restera près de sept ans, avant de déménager à nouveau début 1973 vers Zweibrücken, ancienne base canadienne évacuée par les CF-104 canadiens en 1969.

En 1991, c’est l’évacuation définitive des derniers RF-4C qui repartent vers l’Amérique, laissant une base déserte derrière eux. Cet historique du 26th TRW a le mérite d’être assez clair (les mouvements et changements de dénominations d’unités de la reco US à cette époque n’étant pas toujours simples à suivre) et plutôt bien illustré. Si la majorité des photos montrent les trois derniers Phantom du 38th TRS à l’occasion de leur départ d’Allemagne, quelques photos d’archives de RF-101, ou même de la base de Zweibrücken elle-même, complètent agréablement ce reportage qui ne manquera pas de raviver des souvenirs et une sérieuse nostalgie chez tous les fanas du Phantom.