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dimanche 2 septembre 2018

Bouquins - actualisé


Voilà quelques temps que nous ne vous avions plus proposé de recensions de livres sur ce blog. Cette rentrée littéraire est l'occasion de s'y remettre avec un peu de tout : un ouvrage tout juste paru, un autre déjà sorti depuis quelques temps, et deux autres à paraître sous peu...

L'actualité concerne d'abord et surtout la parution des actes des Journées d'Etudes Vosgiennes d'octobre 2017 organisées autour de Lamarche et Martigny-les-Bains. Ce recueil d'études rassemblant les multiples conférences ayant eu lieu lors de ces journées comprend en effet une étude illustrée de 17 pages, la plus complète publiée à ce jour, sur l'histoire opérationnelle de la base de dispersion de Damblain, construite à cheval sur les départements des Vosges et de la Haute-Marne. Pierre Labrude signe cette étude que Pierre-Alain Antoine et moi-même co-signons, y ayant ajouté notre petit grain de sel.
Cet ouvrage est co-édité par la Fédération des sociétés savantes des Vosges et l'Association pour le développement du pays des trois Provinces. On peut se le procurer en ligne en suivant ce lien. A noter qu'il contient également une étude sur la vie et les réalisations du Colonel Renard, originaire de Lamarche, et inventeur du ballon dirigeable.
NB : le prix actuellement affiché de 25 euros correspond au tarif de souscription, qui s'est terminée le 31 août dernier, date officielle du lancement du livre. Si vous souhaitez l'acquérir, il vous en coûtera désormais 29 euros.

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Changement de registre désormais, avec une bande dessinée parue en 2015 chez Futuropolis et qui nous avait échappée à l'époque : The four Roses, signé Baru au scénario et Jano au dessin, dont l'intrigue, menée dans l'univers du rock'n roll, se base sur un secret de famille trouvant son origine à Etain, à l'époque des Américains.
Si le style "animalier" du dessin de Jano peut dérouter, voire complètement rebuter certains lecteurs, il faut noter que les trois premières planches de l'album, posant le contexte historique, sont, elles signées Baru. 

Les trois premières planches de l'album contextualisant l'histoire sont dessinées par Baru.

N'attendez pas une histoire se déroulant sur la base d'Etain-Rouvres, il s'agit simplement d'une chronique familiale un brin téléphonée, basée sur des "amours" transatlantiques comme il y en eut pléthore suite à la présence américaine en France : la base d'Etain n'est qu'un prétexte. On peut toutefois remarquer que la présence américaine a laissé chez Baru un souvenir assez profond pour inspirer une histoire, qui sait, peut être y'en aura-t-il d'autres ? Précisons que l'auteur, est né en 1947 à proximité de Villerupt (54) et qu'il a sans doute côtoyé des Américains de la base d'Etain et même des Canadiens de Marville durant son enfance et son adolescence.

Enfin, pour les amateurs de rock nostalgique des fifties et des sixties, notez que la "bande son" de l'histoire est fourni dans l'album à travers un disque vinyle. Et pour ceux qui n'auraient ni platine ni mange-disque remisé au grenier,  le générique de fin de cette aventure en BD est disponible en ligne.

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Cette rentrée annonce d'autre part la parution outre-Atlantique, le 13  septembre prochain, du nouveau livre de Marc-André Valiquette consacré au No. 430 Squadron de la RCAF à l'occasion des soixante-quinze ans de l'unité. 


Cet escadron fut basé à Grostenquin pendant près de douze années, opérant sur Sabre puis brièvement sur Starfighter avant de migrer vers l'Allemagne.
Connaissant la qualité du travail de Marc-André Valiquette, nul doute que cet ouvrage sera encore une fois une belle pièce à ajouter à sa bibliothèque. Pour suivre la disponibilité de ce nouvel ouvrage outre-Atlantique, abonnez-vous à la page Facebook de l'auteur ou via son blog. Une recension sera lisible ici-même très prochainement.

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Visuel non contractuel

Et pour finir, géographiquement plus proche, mais un peu plus éloigné dans le temps (à peine), l'association Chaumont US Memory peaufine un nouveau recueil de photos et de documents relatifs à la base aérienne américaine de Semoutiers. 

Les membres de l'association Chaumont US Memory au travail avec la maquettiste.
Trois ans après la parution du premier tome qui remporta un succès certain, l'association oeuvre pour publier ce nouvel opus fin octobre - début novembre 2018. Vous retrouverez ici très prochainement les modalités pour le réserver ou vous le procurer.

Bonne lecture à tous!

jeudi 5 octobre 2017

L'US Army en France : Conférences à venir

Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine qui ont signé avec moi le Tome 1 de notre étude sur Les Américains en France (toujours disponible auprès des éditions Gérard Louis) vous proposent dans les jours à venir des conférences historiques autour de la présence des armées alliées dans notre pays pendant la guerre froide. 
C'est l'occasion rêvée d'occuper intelligemment un après midi pluvieux en s'instruisant et en rencontrant ces deux auteurs pour discuter de vive voix avec eux.

A vos agendas! La première conférence de Pierre Labrude aura lieu ce dimanche 8 octobre à Ancerville (55) dans le cadre des Journées d'études meusiennes. A la maison des services, place de la mairie, Pierre Labrude vous parlera, en fin d'après-midi, du dépôt de munitions US de Trois-Fontaines, et des employés français qui y travaillaient aux côtés des Américains. L'entré est libre.

Programme des journées d'études meusiennes - Cliquez pour agrandir


Le dimanche 15 octobre, l'infatigable Pierre Labrude interviendra cette fois dans le cadre des Journées d'études vosgiennes, à Martigny-lès-Bains (88). Il y présentera une étude sur "La base aérienne de Damblain, un avant-poste pour une guerre qui n'a pas eu lieu". Retrouvez ICI le programme complet de ces journées d'études.

Enfin, le samedi 21 octobre, c'est cette fois Pierre-Alain Antoine qui vous propose une conférence autour de notre ouvrage, pour présenter le dispositif de la Communication Zone et ses nombreuses ramifications. Rendez-vous à 10 heures à la maison de Charles de Gaulle, 7 place de la Carrière à Nancy.
Rendez-vous nombreux à ces conférences en attendant les salons du livre de novembre, qui seront une autre occasion de nous rencontrer! Plus d'informations à ce sujet très bientôt!

dimanche 25 janvier 2015

Eclats de vie d'un pilote de chasse 1952 - 1967



"Eclats de vie"!... le terme n'est pas volé, tant la vie d'un pilote de chasse peut être éclatante de prestige, volant vite et haut dans l'azur ; ou bien littéralement "éclater" à tout instant, en raison de la rupture d'aubes du compresseur du réacteur - entre autres causes - comme en témoigne Jean-Louis Sébastiani, un miraculé de l'aviation militaire des années cinquante et soixante.

Voilà une autobiographie qui mérite vraiment qu'on s'y penche, tant par son contenu que par le point de vue de son auteur et la période qu'il dépeint. Il s'agit en effet des quinze années de contrat liant Jean-Louis Sébastiani à l'armée de l'Air, qui coïncident aux heures les plus intenses de l'alliance France-OTAN sur le plan aéronautique. Dans ce contexte de guerre froide, la France était encore membre de l'Alliance Atlantique à part entière, avant son retrait du commandement intégré intervenu en mars 1967. Le point de vue d'un pilote français sur cette quinzaine d'années met aussi en perspective ce contexte de guerre froide avec celui de la guerre d'Algérie, passage obligé pour tout pilote de l'armée de l'Air à cette époque... Mais n'anticipons pas!

C'est après le baccalauréat que l'auteur commence son récit, en évitant pudiquement, du début jusqu'à la fin, les considérations personnelles et privées pour se concentrer sur sa passion et son métier. Devenir pilote et essayer de le rester, jusqu'à devenir si possible un "vieux pilote", voilà la trame narrative de cette autobiographie qui débute, au terme d'une visite médicale validant son aptitude à la chasse, par l'incorporation à Aulnat, dans ce qui ressemble à un "stalag" d'après la description qu'en fait l'auteur! Les réalités de la vie militaire sont bien loin de l'affiche séduisante émanant du bureau de recrutement, vantant l'armée de l'Air renaissante, dans une représentation quasi-romantique de jets modernes volant au ras des coquelicots!

Heureusement, l'Alliance Atlantique ouvre de nouveaux horizons à de nombreux jeunes apprentis pilotes au début des années cinquante. En effet, en plus de fournir à la France du matériel volant, les Etats-Unis prennent également en charge la formation de nombreux pilotes sur leur sol, offrant une alternative à l'école de chasse de Meknès aux élèves-pilotes les plus à l'aise avec la langue de John Wayne! Au terme s'un stage de pilotage de base sur Stampe au sein de l'aéro-club d'Albi, l'auteur prend donc le chemin de Marana AFB, en Arizona, pour y suivre le Primary Training sur T-6. Après une transatlantique surréaliste sur paquebot et une traversée ferroviaire épique des Etats-Unis, l'auteur découvre donc le désert, mais aussi la discipline et la pédagogie à l'américaine. Après six mois à Marana s'ensuit le Basic Training à Williams AFB pour six mois de plus.
D'après son récit, Jean-Louis Sébastiani semble traverser les différentes étapes de la formation à l'américaine sans difficultés apparentes. Il nous fait toutefois partager les doutes mais aussi les joies et les grandes satisfaction de l'élève pilote, transformé "de béotion du vol" à "pilote de chasse combat ready" en seulement dix-sept mois. Tant et si bien que l'année de formation occupe la moitié du récit de ses quinze années de pilote de chasse.

Après la découverte du jet sur T-33 et P-80 et la formation au tir sur F-84G et E à Luke AFB, c'est le retour en France, à Reims, au sein de la 3e Escadre de Chasse. Magie de l'Alliance Atlantique, l'auteur y retrouve le Thunderjet, appareil sur lequel il avait terminé son cursus quelques semaines plus tôt. Dans son escadron, le jeune pilote parvient à se faire une place parmi de nombreux "moustachus" vétérans de la Seconde Guerre mondiale. L'auteur témoigne à cette occasion de l'ambiance volontiers potache qui régnait encore dans cette armée de l'Air en phase de mutation.

C'est à l'occasion de manoeuvres depuis la base de Damblain que le destin du ce jeune pilote manque de tourner court : victime d'une panne à trop basse altitude, ne pouvant s'éjecter, il est forcé de se poser en catastrophe et frôle la mort. Jean-Louis Sébastiani a juste le temps d'être transformé sur F-84F avant d'être interdit de siège éjectable pendant deux ans, conséquence indésirable de son crash. Il prend alors la direction de l'Algérie, où contraitement à la majorité de ses collègues qui volent à cette époque sur T-6 ou T-28, lui va tâter de l'antique P-47 Thunderbolt au sein de l'Escadron d'Entraînement Opérationnel et de Calibration (EEOC) 1/17 à Oran-La Sénia. Le climat se durcissant, les prises d'alerte et la chasse aux fellaghas deviennent le lot quotidien de l'unité, rapidement rebaptisée Escadron de Chasse 1/20 "Aurès-Nementchas" et rattachée à la 20e Escadre de Chasse.

Après quatre ans de P-47 en Algérie, l'auteur peut enfin réintégrer une unité de chasseurs à réaction en métropole. Il s'agit de la 10e Escadre de Chasse basée à Creil, chargée de l'interception et de la défense aérienne. Si la reprise de contact avec un jet ne se fait pas sans quelque hésitation, rapidement, Sébastiani reprend de l'assurance aux commandes de son Super Mystère B2. De campagnes de tir en échanges d'escadron avec les Canadiens de Marville, l'auteur gravit les derniers échelons du parcours semé d'embûches que constitue la carrière de pilote de chasse opérationnel, jusqu'à sa qualification de Chef de Patrouille. Guerre froide et guerre d'Algérie se confondent une nouvelle fois quand des Mig Libyens menacent des positions algériennes, motivant un détachement de SMB2 de la "10" à Bône... C'est l'occasion pour l'auteur de découvrir une nouvelle géographie aérienne de l'Algérie, avec la vitesse et la puissance du SMB2 réduisant les distances et la menace du relief qui rendaient incertaines ses "expéditions" en P-47 quelques années plus tôt.

Avec l'année 1963, l'heure sonne de transmettre le flambeau et notre narrateur se retrouve instructeur à Tours sur Mystère IV au sein du 5e Escadron. A lui, à présent, de dispenser son savoir comme l'avaient fait ses mentors américains une décennie plus tôt. Le clap de fin retentit en février 1967 pour Jean-Louis Sébastiani, au terme d'un vol sur Mystère IV et d'une carrière de pilote bien remplie.

D'un style agréable où un humour certain et une réelle sensibilité artistique s'expriment (en plus d'être pilote de combat, l'auteur est dessinateur, peintre, imitateur et poète!), cette autobiographie riche d'anecdotes se dévore d'une traite. L'auteur fait en outre preuve d'un vrai souci de pédagogie, comme en témoigne, entre autres références, la présence d'un glossaire en fin d'ouvrage, rendant la lecture acccessible aussi bien au spécialiste qu'au béotien curieux et intéressé.
Sur le fond, rien à redire, donc si ce n'est à saluer l'effort de transmission mené par l'auteur. Sur la forme en revanche, on regrette que les nombreuses photos et illustrations (noir & blanc et couleur) jalonnant cette tranche de vie n'aient pas reçu le traitement qu'elles auraient mérité. Pertinentes et agréablement disséminées tout au long de l'ouvrage plutôt que dans un cahier central - ce qui sert mieux le propos de l'auteur - leur qualité d'impression est toutefois décevante, en raison d'un manque d'optimisation et d'un papier d'impression pas franchement adapté. En outre de nombreuses photos impliquent de pivoter le livre de 90° pour être admirées, et cette rotation continuelle n'est pas des plus confortable en cours de lecture. Enfin, le positionnement tarifaire est sans doute un peu élevé en comparaison d'ouvrages équivalents en termes de fabrication.

Ces considérations mises à part, Eclats de vie d'un pilote de chasse, de Jean-Louis Sebastiani, est à recommander à tous les lecteurs intéressés par l'aviation des années cinquante et soixante, celle à hélice des "opérations" de maintien de l'ordre en Algérie comme celle des "lampes à souder" supersoniques de l'industrie aéronautique française renaissante.

Enfin, si l'auteur s'est concentré dans cet ouvrage sur sa vie aéronautique, il convient de signaler un autre de ses livres paru chez le même éditeur : dans Au fil de la plume, Jean-Louis Sébastiani laisse davantage la place à l'inspiration poétique et aux sentiments qui l'habitent, pour découvrir une autre facette de cette riche personnalité.

Pour avoir un aperçu des premières pages de ce livre, CLIQUEZ ICI


Eclats de vie d'un pilote de chasse
1952 - 1967

Autobiographie

Jean-Louis SEBASTIANI

Editions Société des Ecrivains
ISBN : 9782342028522
356 pages

>> Commander sur le site de l'éditeur

dimanche 7 septembre 2014

Mirecourt, Damblain et Dijon dans le viseur!


L'association Anciens Aérodromes vient de publier sa nouvelle "newsletter" - terme un peu réducteur pour ce fascicule dématerialisé toujours riche en informations et en études aéronautiques. 

Ce-mois ci ne fait pas exception à la règle, puisque Pierre Labrude nous y propose un complément de sa précédente étude sur l'histoire de l'aérodrome de Mirecourt - ex-base aérienne OTAN - parue en mars dernier dans cette même newsletter. Cette fois, l'auteur s'intéresse davantage aux dépôts de munitions rattachés aux bases vosgiennes de l'OTAN : Mirecourt et Damblain.

Il est vrai que contrairement aux bases principales occupées par l'US Air Force, et qui disposaient d'un dépôt de munitions certes à l'écart des infrastructures aéronautiques, mais directement rattaché à l'enceinte générale, les bases de dispersion telles que celles construites dans les Vosges disposaient d'un dépôt construit très à l'écart de l'emprise principale, sans accès direct privatisé. On retrouve ce cas de figure à Lure, par exemple. Cela impliquait  donc d'emprunter le réseau routier local pour s'y rendre. Si l'on ajoute à cela que, dans les deux cas de Mirecourt et Damblain, le dépôt est construit en forêt, il convient de reconnaître que ces points rattachés isolés ont souvent tôt fait d'être oubliés, et donc méconnus à ce jour.

A noter également dans cette newsletter une intéressante rétrospective de sept pages sur les 100 ans de la base aérienne de Dijon, par Fréderic Lafarge.

Pour lire cette newsletter, cliquez ici.

vendredi 31 décembre 2010

Damblain : un projet qui fait "pschitt"!


Depuis plusieurs années, les 302 hectares de l'ancienne base aérienne OTAN de Damblain (88), rachetée en 2005 par le Conseil Général des Vosges (CG88), font l'objet de vastes travaux de terrassement et d'aménagement. 

L'objectif avoué de ces travaux : réaliser une plate-forme logistique devant permettre au groupe Deret de venir s'y installer et de générer des emplois dans ce département sinistré. La proximité de l'A31 (E21) semble en effet aller dans le sens de ce type de projet de reconversion.

Problème : l'initiative du CG88, si elle n'était pas forcément exclusivement réservé à l'usage du groupe Deret, fut toutefois basée sur la venue de ce seul "client potentiel" officiellement identifié.
Or, voilà que Chrisian Poncelet, président (UMP) du CG88, vient d'annoncer sans tambours ni trompettes le désengagement de Deret à Dambain, laissant l'ancienne base, financée par les contribuables vosgiens, vide de projet. Quid du retour sur investissement? L'opposition dénonce de simples promesses électorales.

En attendant, on imagine l'amertume (entre autres) des membres de l'aéroclub de Bourbonne les Bains qui opérait à partir la plate-forme de Damblain depuis quatre décennies et qui fut contraint de quitter la place en raison de la nouvelle vocation de la base. De même pour les archéologues : l'INRAP ayant découvert, au cours des fouilles d'avant reconversion, une villa gallo-romaine des IIe et IIIe siècles après JC sur près de 5 ha et dont les thermes étaient particulièrement bien conservés malgré les travaux d'aménagement de la base au début des années cinquante.

Reste donc au CG88 à trouver un nouveau projet, permettant à Damblain de décoller... Wait and see!