Affichage des articles dont le libellé est Châteauroux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Châteauroux. Afficher tous les articles

mardi 26 avril 2022

Vietnam ou prison? OTAN s'exiler


Bonne surprise que ce roman : Vietnam ou prison? OTAN s'exiler. Si vous croisez cet ouvrage lors d’une cyber-errance, il se peut que vous soyez interloqué par sa couverture et son titre, au vu du sujet présenté dans le résumé. Il s’agit en effet bien d’une histoire se déroulant sur une base aérienne américaine en France, et en l’occurrence, celle de Dreux-Senonches. Ce roman signé Philippe Cassard, mérite à bien des égards le détour, et peut constituer une très bonne porte d’entrée au sujet de la présence américaine en France pendant la guerre froide. 

Par le biais de la fiction, l’auteur nous dépeint très justement, et manifestement après de nombreuses recherches historiques, la vie des Américains envoyés en garnison en France, à travers le parcours de Joseph « Joe » Kamowski, un jeune ingénieur américain d’ascendance polonaise, qui souhaite éviter d’être envoyé au Vietnam pour faire la guerre, et trouve donc un autre moyen de servir son pays. 
Ce roman surprend à différents égards : d’abord par la période à laquelle se déroule l’histoire. Philippe Cassard ancre son récit au milieu des années soixante, quand le déclin de la présence américaine en France commence à poindre ; il y évoque déjà la fermeture potentielle de nombreuses bases américaines en France, à l’heure où le conflit vietnamien prend l’ascendant sur les préoccupations militaires outre-mer de l’Oncle Sam. Il s’agit alors déjà pour Joe d’anticiper le départ de certaines unités et la rationalisation des moyens de l’USAF dans l’Hexagone. Cette mission présentera son lot de difficultés pour ce jeune homme qui, de surcroît, a peur en avion ! Un parti pris original dans ce contexte, qui va jalonner le roman de situations inattendues voire cocasses. 
Outre la période, c’est aussi le lieu de l’histoire qui dénote dans ce roman, puisque la base aérienne de Dreux est sans doute la moins connue de toutes les plate-formes de l’US Air Force en France, et probablement la moins active à l’époque historique décrite. Si certains procédés narratifs utilisés pour recontextualiser la présence américaine en France s’avèrent parfois peu plausibles, (comme la longue conversation entre Harry, un jeune GI afro-américain, et Joe, fraîchement débarqué en France, qui prend davantage l’air d’un cours magistral d’histoire) et si transparaissent parfois dans les propos des personnages, une analyse ou des considérations plutôt fournies par le recul de l’histoire (comme le concept de pollution sonore, par exemple), on pardonne aisément à l’auteur qui a eu fort à faire pour donner un maximum de clés au lecteur pour comprendre – sans en être un spécialiste – une période inédite dans l’histoire des relations entre la France et les Etats-Unis, et qui lui tient manifestement à cœur. 

Pour ceux qui connaissent déjà plus ou moins le sujet, la lecture de ce roman reste très recommandée, tant on y glane au fil des pages force détails intéressants sur la présence américaine en France, avec ses spécificités et ses différences avec la présence US dans les autres pays d’Europe. Les erreurs ou approximations sont rares et la plupart passeront totalement inaperçues. Sur ces considérations historiques vient se greffer une histoire d’amour franco-américaine sur laquelle nous resterons discrets pour ne pas éventer l’intrigue. Là encore, certaines conversations entre les deux tourtereaux – même mus par une réelle volonté de découvrir leur culture réciproque – semblent parfois surréalistes, à des fins didactiques à l'intention du lecteur.

Enfin, un mot sur, la couverture qui peut sembler fantaisiste, voire tout bonnement hors sujet puisqu’elle présente un F-100D Super Sabre du 20th Tactical Fighter Wing basé à RAF Woodbridge. Là encore, l’auteur nous surprend par la précision de ses recherches qui justifient cette illustration dans le cadre de son histoire. La fin contemporaine du roman est originale et devrait donner des idées d’initiatives transgénérationnelles en ces temps incertains où le monde semble se bipolariser à nouveau. 

Pour résumer, les oeuvres de fiction ayant pour cadre la présence militaire américaine en France pendant la guerre froide sont peu nombreuses, et ne méritent pas toutes un coup de projecteur. Elles sont généralement un prétexte pour véhiculer le souvenir stéréotypé et empreint de nostalgie de la présence de GI's au volant de leur décapotable, parcourant les rues de Châteauroux ou d’Orléans sur fond de jazz ou de rock n'roll, l’intrigue étant souvent bien légère ... Or ce roman de Philippe Cassard s’en différencie totalement en allant bien au-delà de ces simples considérations et en s’avérant bien plus instructifs : il complètera avec bonheur les études historiques consacrées à la présence US en France après-guerre, dont de nouveaux volumes sont d’ailleurs sur le point de paraître ! Mais ceci fera l’objet d’un autre post... 


---------------

  • Vietnam ou prison? OTAN s'exiler
  • par Philippe J. Cassard
  • Éditeur ‏ : ‎ Amazon (3 mai 2021)
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • Broché ‏ : ‎ 272 pages
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 979-8747461291
  • Poids de l'article ‏ : ‎ 299 g
  • Dimensions ‏ : ‎ 12.7 x 1.73 x 20.32 cm

jeudi 23 novembre 2017

Au temps des Américains, dans le sud-ouest


Le 20 novembre dernier, France 3 Nouvelle Aquitaine diffusait un documentaire de 52 minutes co-produit par France 3 et la société Anekdota sur la présence des armées américaines en France, et plus particulièrement dans le sud-ouest.



Revenant tour à tour sur la présence de l'US Army, mais aussi de l'US Air Force, à La Rochelle, Croix-Chapeau, Châteauroux... ce documentaire revient aussi largement sur le militantisme communiste de nombreux français de l'époque, et l'accueil qui fut réservé aux Américains.
L'acculturation, seize années durant, est également au centre du traitement documentaire du sujet. Ce film est par conséquent à rapprocher des précédents documentaires sur le sujet : Toul Texas ; US welcome, US go home ou encore La France made in USA.

Si vous avez manqué ce documentaire diffusée du reste relativement tard, vous pouvez toujours le visionner par le biais du site internet de France 3 Aquitaine, en recherchant dans la frise déroulante en bas de page l'émission du 20 novembre 2017.

lundi 4 septembre 2017

Châteauroux : US come back!


L'association "Châteauroux c'était l'Amérique" ne pouvait manquer ce rendez-vous symbolique : 2017 marque en effet le demi-siècle du grand départ des Américains, contraints d'évacuer la France, et en particulier, l'Indre et sa capitale.

Les membres de l'association vous proposent donc une nouvelle exposition commémorative qui démarre demain, mardi 5 septembre, dans le hall de l'hôtel de ville de Châteauroux. Cet évènement est destiné à perpétuer le souvenir d'une époque contemporaine emblématique de la ville : celle de la présence des soldats et des familles américaines dans le cadre de l'activité de la base de l'US Air Force implantée à Déols-La Martinerie jusqu'en 1967. Le vernissage de l'exposition aura lieu vendredi 8 septembre à 18h30 à l'hôtel de ville. 

Nul doute que l'évènement va revêtir une saveur particulière cette année, car il fait écho à la venue, dans quelques semaines, d'un groupe d'une cinquantaine d'Américains, ayant vécu, travaillé, ou étant nés à Châteauroux! Ils sont attendus au minimum du 18 au 21 septembre, pour la majeure partie d'entre eux, certains pouvant prolonger leur séjour, le cas échéant. La délégation américaine sera donc accueillie au matin du 18 septembre, dans le hall de l'hôtel de ville de Châteauroux, où ils pourront ensuite découvrir l'exposition.
L'après midi du 18 septembre, les célébrations se déplaceront au collège de Touvent, ancienne école primaire américaine, qui sera inauguré et baptisé d'un nom en rapport - sans doute - avec l'histoire franco-américaine. A cette occasion, une plaque sera dévoilée.

Le lendemain matin, mardi 19 septembre, le groupe se recueillera à 9h30 devant la Flamme de l'Amitié, sise au rond-point de la porte de Paris, avant de prendre la direction du cimetière de Déols où sera dévoilée, à 10h30, une autre plaque commémorative en souvenir des bébés américains nés à Châteauroux et n'ayant pas survécu. Enterrés au cimetière de Déols, leur mémoire sera officiellement préservée grâce à cette plaque listant l'intégralité des noms des enfant de moins de deux ans n'ayant jamais quitté la terre berrichonne. Saluons, encore une fois, le travail de recensement de l'association Châteauroux c'était l'Amérique, à l'origine de cette initiative. A ce titre, rappelons en effet que de nombreux citoyens américains ont vu le jour à Châteauroux, dont la maternité servit également à bien d'autres bases américaines en France. 

Les jours suivant seront plus festifs, permettant aux Américains de redécouvrir les rues et les maisons où ils ont passé une partie de leur enfance française.



Pour prolonger les festivités à connotation américaine, la ville de Châteauroux organise un festival country baptisé "Good old days", qui se tiendra le week-end des 22, 23 et 24 septembre. 

En parallèle et sans lien avec ce festival se tiendra un après midi thématique le samedi 23, à partir de 14h00, à la médiathèque de Châteauroux. L'après-midi démarrera par la projection d'un film évoquant la présence américaine, suivie d'une conférence de Pierre Labrude sur les bases américaines en France qui se prolongera par une séance de questions-réponses.

Quant à l'exposition, elle sera encore visible pour quelques jours, puisqu'elle se termiune le 28 septembre. Attention, compte tenu de son installation dans le hall de la mairie, nous attirons votre attention sur le fait que l'exposition ne sera pas visible durant les week-ends, mais seulement en semaine aux heures d'ouverture!

Alors, n'hésitez pas à visiter cette exposition, à en parler autour de vous, et à vous joindre aux commémorations franco-américaines de Châteauroux en ce mois de septembre, cinquante ans après le départ des derniers GI's!

Exposition Châteauroux c'était l'Amérique 1951-1967
Hall de l'hôtel de ville de Châteauroux
1, place de la République
Ouvert au public du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00


samedi 22 juillet 2017

1951 - 1967 Les Américains à Châteauroux, le livre

1ère de couverture du livre de Bruno Mascle 1951-1967 Les Américains à Châteauroux.
Depuis 66 ans, la présence de l'armée de l'air américaine à Châteauroux n'a eu de cesse d'alimenter fascination et nostalgie pour cette époque révolue... et ce n'est pourtant pas fini! Un nouveau livre sur le sujet vient de paraître au début du mois de juillet : 1951-1967, Les Américains à Châteauroux, co-édité par La Nouvelle République et les éditions La Bouinotte.
Trois semaines seulement après son lancement, l'ouvrage - qui avait fait l'objet d'une souscription - fait déjà défaut à l'éditeur qui a lancé une réimpression. L'ouvrage sera à nouveau disponible à partir du 20 août. En attendant de pouvoir à nouveau le commander, voici déjà de quoi vous en faire une première impression ci-dessous. N'hésitez pas à cliquer sur le bouton "Tenez moi au courant" de la page de l'éditeur et d'y renseigner votre adresse e-mail pour être informé de la disponibilité de l'ouvrage!

Seize années de présence américaine dans la capitale de l'Indre, plus de 7000 Américains y vivant, représentant près de 25% de la population d'une ville moyenne du Centre de la France, évoluant dans de grosses voitures laissant échapper des airs de jazz et de rock'n roll, le tout quelques années seulement après la fin de la Seconde Guerre mondiale... vous avez dit "révolution"?
A coup sûr, l'implantation du gigantesque dépôt aérien pour toute l'US Air Force en Europe a chamboulé le tranquille équilibre castelroussin, fait tourner des têtes et pleuvoir des dollars... 
Pas étonnant que, quand on évoque la présence américaine en France durant la guerre froide, l'exemple de Châteauroux s'impose d'emblée et soit devenu le cas d'école et, parfois, également l'arbre qui cache la forêt...

Cinquante ans après le départ définitif des Américains, en 1967, la "période américaine" de la ville nourrit aujourd'hui encore une profonde nostalgie pour ceux qui l'ont connue, et un fantasme pour ceux qui en ont seulement entendu parler. Le plein emploi, l'argent facile, la vie nocturne, la musique, l'activité aérienne... toutes ces conséquences induites par la présence américaine ont laissé un vide béant dans une ville et auprès d'une population qui ne s'en sont jamais vraiment remises...

Cette atmosphère a, depuis, nourri de nombreuses démarches historiques, romanesques et même cinématographiques, surtout quand on sait qu'un certain Gérard Depardieu a grandi à Châteauroux à cette époque et a commencé à s'encanailler au contact des Airmen du Chateauroux Air Depot (CHAD).

On pouvait de fait s'attendre à une production littéraire plus conséquente sur le sujet depuis 1967. Aussi, quand on découvre le nouveau livre de Bruno Mascle, on se dit qu'enfin, l'ouvrage francophone de référence sur l'histoire de la base américaine de Châteauroux est arrivé : couverture rigide, mise en page agréable et colorée, nombreuses illustrations, le premier contact est très appétissant! En survolant les pages, on glane des vues d'avions, mais aussi des photos de mariages (mixtes, à coup sûr), d'ouvriers français, de cités américaines en Berry... A première vue, le traitement du sujet semble exhaustif, intégrant les nombreuses conséquences sociales, économiques et culturelles de l'installation de la base de l'US Air Force, notamment les importants mouvements sociaux lors du départ des Américains.

La lecture de l'ouvrage nuance toutefois un peu les choses. D'abord parce qu'elle recadre un peu les espoirs du lecteur aérophile. Plus qu'un livre sur l'histoire de la base et du dépôt de l'US Air Force, ce que nous espérions, il s'agit - comme son titre l'indique, finalement - d'évocations thématiques de la période américaine de Châteauroux. Aucune tromperie sur la marchandise donc, simplement une sensibilité aéronautique un peu trop marquée de notre part qui s'en est trouvée légèrement frustrée, tout étant affaire de tempérance dans la vie.

Revenons en donc à l'ouvrage en lui même : une quinzaine de chapitres thématiques reviennent sur ce qu'était la vie à Châteauroux à l'époque américaine, au travers de l'activité économique, de l'animation des rues - en particulier le soir, de la vie sociale et des unions franco-américaines qui en ont découlées... De façon générale, si les noms de villages ou de bistrots sont propres à Châteauroux, les aspects traités par Bruno Mascle dans ce livre parleront à tout ancien riverain d'une garnison américaine en France dans les années 50-60, qu'elle soit à Evreux, Toul, Orléans ou Verdun!
Table des matières - Cliquez pour agrandir
L'ouvrage s'articule finalement un peu comme un catalogue d'exposition, l'auteur ayant étoffé ses différents axes de travail en consultant des articles de journaux d'époque, rencontré des vétérans américains et français, mais aussi beaucoup puisé dans la filmographie et la littérature des témoignages parfois directs, souvent indirects. Le documentaire Chateauroux Airport d'Anice Clément, a manifestement beaucoup servi à l'auteur, de même que des articles d'époque de La Nouvelle République ou de La Marseillaise du Berry, souvent restitués in extenso.
Précisons que Bruno Mascle est journaliste à La Nouvelle République. On comprend donc qu'il ait mis à profit les sources de la presse quotidienne régionale d'époque. Le bémol qui en découle revient à l'iconographie : bien que nombreuses et imprimées en grand format, plusieurs photos sont en effet tirées d'articles de journaux d'époque, présentant une importante trame d'impression au détriment de leur qualité. En outre, les crédits photographiques et la mention des sources, telles que les articles cités, font défaut, ce qui est dommage d'un point de vue historiographique. Même des photos plus contemporaines, de récentes cérémonies mémorielles, pêchent vraiment en termes de qualité et l'on peut se demander alors, pourquoi les avoir imprimées en si grand si la définition faisait défaut? Enfin, les légendes, en étant plus précises, auraient pu compenser d'un point de vue documentaire la qualité relative de certaines illustrations. C'est assez regrettable, car les autres aspects éditoriaux sont quant à eux au rendez-vous : qualité du papier, mise en page, reliure, couverture rigide...

Pour le reste, cette évocation historique, économique, sociologique et culturelle de l'implantation US dans l'Indre de 1951 à 1967 n'en n'est pas moins sympathique et se parcourt aisément.  Un chapitre concerne notamment l'institution castelroussine récemment fermée, chez "Joe from Maine", sans doute le premier fast-food installé en France que Depardieu aimait à fréquenter. Les connaisseurs de l'histoire de la base n'apprendront pas grand chose de nouveau, si ce n'est peut être l'impression du journal de la base, sous-traitée dans l'imprimerie de Jean Fourton, dont les employés étaient majoritairement communistes et cégétistes. Mais ce n'est finalement qu'une demi-surprise quand on a un peu connu le monde de "l'imprimerie de papa".  Les lecteurs moins familiers de cette tranche d'histoire américaine rêveront quant à eux à ce Shatoo-woo perdu (Châteauroux prononcé "à l'américaine") dont le souvenir est devenu légendaire, à l'évocation des accidents de voitures, des bordels, des bagarres, des bars pour les Noirs ou pour les Blancs, entourant le souvenir de la capitale de l'Indre d'un parfum de bas-quartier de Chicago ou de Seattle...

4e de couverture. Cliquez pour agrandir.
1951-1967, Les Américains à Châteauroux (cliquez pour accéder au site de l'éditeur)
Par Bruno Mascle, préface de Léandre Boizeau. Co-édition La Bouinotte / La Nouvelle République, 21x27 cm, 128 pages, couverture rigide, plus de 150 illustrations, 26 euros.

vendredi 10 mars 2017

15 jours pour revivre à l'heure américaine dans l'Indre


Demain débutera, à l'hôtel de Villaines, à La Châtre (36), une exposition organisée par l'association Châteauroux, c'était l'Amérique, visant à faire revivre aux visiteurs l'époque américaine de la région, qui s'est achevée voilà tout juste cinquante ans, le 1er avril 1967, avec les départ des derniers contingents de l'US Army et de l'US Air Force qui stationnaient en France dans le cadre de l'OTAN.

L'exposition se veut immersive, en présentant certes des photos d'époque de la base américaine, mais aussi et surtout des objets évocateurs de la révolution culturelle apportée par les Américains dans le quotidien des Castelroussins : comics, chewing gums, cigarettes blondes et briquets "Zippo", ainsi que de nombreux autres objets usuels pour les Américains des sixties.

Cette expo ravira certainement les nombreux nostalgiques de la période américaine en leur faisant revivre les années d'insouciance et de dynamisme économique de la région. Pour les plus jeunes, elle sera l'occasion de découvrir ce qu'apporta la présence US dans la région, et le choc culturel précurseur de l'américanisation de l'Europe occidentale qui allait en découler...

Entrée libre.
Ouverture les après-midis, du mardi au vendredi de 14h00 à 18h30 
et le week end de 10h00 à 18h30.

mardi 22 septembre 2015

Exposition "Châteauroux, c'était l'Amérique"


L'association "Châteauroux, c'était l'Amérique" vous convie à découvrir l'exposition rétrospective qu'elle propose durant le mois d'octobre dans le hall de l'hôtel de ville castelroussin.

Organisée en partenariat avec les Anciens Employés Civils de la Base Américaine (AECBA) et avec le concours de Ciclic, qui collecte les films amateurs pour les numériser, cette exposition proposera une rétrospective de la vie de la base américaine, mais aussi des photos et films d'époque (environ une demi heures de films amateurs) montrant la ville de Châteauroux et le département de l'Indre à l'époque américaine. De nombreux objets d'époque évoqueront aussi les seize années de présence US à Châteauroux, ainsi que le faste économique et culturel auquel ils se rapportent. Ainsi, outre des photos, seront également présentés des uniformes, vêtements civils et objets de tous les jours, mâtinés d'un parfum d'outre-Atlantique.

L'exposition est ouverte du 5 au 29 octobre, du lundi au vendredi de 9h00 à 17h00 dans le hall de l'hôtel de ville de Châteauroux. Vernissage le lundi 5 octobre à 18h00. Venez nombreux soutenir la démarche et les projets de cette association qui espère pouvoir ouvrir prochainement un musée de la présence américaine, comme nous l'évoquions ici-même récemment.

mercredi 9 septembre 2015

Bientôt un musée de la présence américaine à Châteauroux?


De par l'importance du contingent US qui vécut 17 années durant dans la capitale de l'Indre, Châteauroux représente LE cas d'école de la présence américaine en France durant les années 50-60 :
- deux bases distinctes construites sur d'anciens terrains d'aviation pré-existants (La Martinerie et Déols)
- pas de périodes de "stand by" comme pour les bases américaines de l'Est de la France
- des milliers de travailleurs français au sein de la SERIMA (Déols) pour la révision des avions de toute l'US Air Force en Europe et des centaines au sein de la base de La Martinerie, et tout ça de 1950 à 1967.... 

Pas étonnant que la nostalgie castelroussine soit forte dès qu'il est question des "Américains" qui apportèrent - plus qu'une bouffée d'oxygène - un tourbillon économique et culturel au coeur du Berry!

Le problème, à l'instar des autres installations US en France à cette période de guerre froide, c'est que le temps passent, les témoins s'éteignent progressivement, et que la mémoire risque de se dissoudre. Si depuis quelques années, les historiens professionnels comme amateurs se penchent de plus en plus sur cette période de présence militaire étrangère inédite en France en temps de paix, et que des publications voient le jour ça-et-là, un constat s'avère néanmoins flagrant : il manque un lieu de mémoire reconstituant cette période et témoignant de ce qu'étaient ces années d'insouciance matinées de parfum US. La première moitié des Trente Glorieuses à proximité d'une base américaine avait quelque chose d'enivrant, tant économiquement que culturellement.

Deux associations (l'une française, l'autre américaine) ont décidé d'unir leurs efforts pour combler cette lacune et ouvrir un lieu de mémoire à Châteauroux. L'association "Châteauroux, c'était l'Amérique" et l'association "Americans love Châteauroux" (qui dispose d'un groupe Facebook - inscription requise) ont donc lancé une campagne de financement participatif dans ce sens. Vous connaissez le principe, au moins depuis ma tentative malheureuse de financement d'un documentaire. La différence avec ce projet qui passe par un site anglophone (www.gofundme.com) est que la campagne n'est pas limitée dans le temps.
Si vous avez à coeur de sauvegarder et perpétuer le souvenir de la présence américaine en France, et en particulier à Châteauroux, n'hésitez pas à vous inscrire et à apporter votre contribution à cet audacieux projet de mémoire en cliquant ICI!!!!

samedi 15 août 2015

Voltige et patrimoine à Châteauroux


L'aéroport de Châteauroux-Déols (36) va accueillir à partir de jeudi prochain (20 août) le championnat du monde voltige aérienne! Cette grande manifestation sportive proposera du grand spectacle, et des démonstrations de haut vol! Pour découvrir le programme et les modalités d'accès, rendez-vous sur le site officiel de l'évènement!

Ces dix jours de compétition internationale seront en outre clôturés par un meeting aérien en présence de la Patrouille de France, le dimanche 29 août.


Cette grande manifestation populaire sera l'occasion de se rappeler que l'aéroport de Châteauroux-Déols n'est autre qu'une ancienne base américaine de l'OTAN. Au cours des années 50 et 60, Châteauroux fut en effet le centre logistique principal de toute l'US Air Force en Europe, employant sur place des milliers de GI's, mais aussi des milliers d'employés civils. Cette époque laisse encore aujourd'hui des souvenirs bien vifs et encore très présents dans les mémoires.


Pour faire revivre ce passé glorieux, le temps d'une journée, l'association Aéro Marguerite, portée par Yvon Crosa, vous présentera son exposition "Les grandes marguerites", évocatrice du passé des bases américaines et canadiennes en France, complétée d'un volet consacré tout spécialement à l'histoire de la base de Châteauroux qui, prononcé à l'américaine, (re)devient "Chateauwoo".

L'exposition aura lieu le dimanche 29 août de 9h à 18h au sein du meeting aérien. Yvon Crosa attend votre visite et répondra avec passion à vos éventuelles questions sur le sujet!



mercredi 13 mai 2015

Il a fait son Amérique à Châteauroux


La base américaine de Châteauroux et l'ère de prospérité économique qui résulta de son activité a déjà fait couler beaucoup d'encre, et le phénomène ne semble pas près de s'arrêter! Depuis quelques années en effet, les ouvrages consacrés à la base américaine de Châteauroux se multiplient.

C'est pourtant un axe assez inédit que celui pris par Nicolas Pavlicevic pour le traitement de ce sujet dans son livre Il a fait son Amérique à Châteauroux. En relatant l'épopée d'un immigré monténégrin en quête d'Arizona, qui rencontre l'Amérique plus tôt que prévu dans sa route vers l'Ouest, en plein coeur de l'Indre, l'auteur rend un vibrant hommage posthume à son père Wojo. Ce dernier est en effet le personnage principal de cette histoire qui éclaire d'une lumière originale l'histoire américaine de Châteauroux. A la lecture de ce texte, on prend la mesure du rayonnement qu'exerçait alors cette "ville américaine" située en plein Berry...

Répondant à l'invitation d'un improbable oncle d'Amérique, le jeune Wojo, 24 ans, quitte son Monténégro natal, en quête d'aventures et d'argent facile, de l'autre côté de l'Atlantique. Mais le chemin pour parvenir à cet Eldorado est long et compliqué. Wojo embarque donc son ami d'enfance dans cette aventure à l'issue prometteuse : à deux, on est plus fort : on se sert les coudes et on entretient le rêve et la motivation. Jeunes et désargentés, les deux amis parviennent tout de même jusqu'à Bordeaux. Par le biais de rencontres inattendues, mais de mains, elles, tendues, les deux jeunes gens trouvent de petits boulots, espérant économiser pour la grande traversée. Mais bien sûr, comme le laisse deviner le titre du livre, rien ne se passe comme prévu...

Ce n'est qu'au terme du premier tiers du récit, par le truchement d'une petite annonce, que Wojo quitte Bordeaux pour la base américaine de Châteauroux où il arrive au début des années soixante. Embauché comme coiffeur à la Martinerie, il passe ses journées à coiffer des GI's et ses soirées débridées à écumer les bars et les dancings castelroussins. De nouvelles rencontres improbables avec des membres de la diaspora balkanique vont sourire au héros et lui permettre de s'intégrer facilement dans la cité. Personnage fêtard, bagarreur à ses heures, Wojo ne pouvait pas mieux tomber qu'à Châteauroux en pleine période américaine! On peut toutefois s'étonner de ne pas trouver d'anecdotes au sujet du marché noir qui gangrénait la base américaine à l'époque et qui n'a pas dû laisser Wojo indifférent, lui qui travaillait à la Martinerie où il avait de nombreuses relations...

Son fils nous dépeint notamment ce à quoi pouvait ressembler la vie nocturne dans la capitale de l'Indre, du temps de sa prospérité économique. S'il n'a pas directement connu l'époque américaine, Nicolas Pavlicevic, dont la mère tenait une auberge très fréquentée par les GI's dans les environs de Châteauroux, fut le témoin privilégié de récits évoquant la présence des Américains et de leurs frasques, sans doute tant par son père que par sa mère. C'est ce qui l'a poussé à témoigner  de cette vie nocturne, souvent mentionnée dans l'histoire des villes de garnisons américaines mais qui n'avait que peu fait l'objet de récits détaillés dans la littérature consacrée au sujet. Le lecteur (re)découvre ainsi la "valse" des prostituées descendant de Paris par le train tous les quinze jours, les soirs de paye à la base américaine, mais aussi les clivages existants entre les soldats américains Noirs et les Blancs, qui ne fréquentaient pas les mêmes bars ou boîtes de nuits, insufflant des ambiances musicales différentes en fonction des lieux, les Noirs étant pionniers de cette musique nouvelle et inconnue dans l'Indre qu'on appelle le jazz...

Outre les tribulations nocturnes de la population castelroussine, Nicolas Pavlicevic nous donne à considérer le contexte d'alors, et le fossé qui existait entre Français et Américains : ainsi le restaurant des parents de l'auteur n'était pas doté de chauffage central, et cette étape ne fut franchie qu'à grands frais non pour leur confort personnel, mais pour conserver la clientèle! Le self-service, qui aujourd'hui est largement intégré était alors une nouveauté pour les employés civils de la base, si bien que Wojo avait dû s'en faire expliquer le fonctionnement! Enfin, à l'époque où les avions cargos américains en provenance des Etats-Unis déchargeaient quotidiennement leurs cargaisons à Châteauroux, l'armée française, elle, communiquait encore par le biais de pigeons voyageurs!
L'auteur commet pourtant quelques erreurs ou approximations historiques : ainsi, page 9, ce n'est pas l'existence du grand aéroport qui fait pencher les stratèges américains pour l'installation d'une base US à Châteauroux, puisque ce sont les Américains qui ont construit l'aéroport dans sa forme actuelle. Il n'existait, avant leur arrivée, que deux insuffisantes aires d'atterrissage en herbe, l'une à Déols, l'autre à la Martinerie.

L'initiative de Nicolas Pavlicevic mérite donc d'être saluée. Pourtant, ce témoignage romancé n'a rien de très littéraire, ni dans la forme, ni dans le style. S'il est mû par le désir, voire par la nécessité de témoigner de l'histoire de son père, l'auteur nous prouve toutefois que ne s'improvise pas écrivain qui veut! Son texte comporte en effet de nombreuses erreurs stylistiques et structurelles qui rendent la lecture parfois laborieuse, empêchant la bonne compréhension du propos. Par exemple, lorsque le récit bascule sans guillemets ni italique de la 3e à la 1ère personne du singulier, le lecteur demeure perplexe, ne sachant plus si l'auteur fait parler son père ou s'il parle en son nom propre. Il faut dire que par le biais d'un style familier, même parfois "parlé", l'auteur n'hésite pas à inclure ses commentaires personnels et ses jugements à l'histoire qu'il relate, interpellant le lecteur, digressant fréquemment et faisant preuve d'une emphase traduisant l'admiration touchante, mais parfois un peu naïve, du fils envers son père.

Les fautes d'orthographe et de grammaire (notamment la concordance des temps) sont nombreuses, alors que, paradoxalement, l'imparfait du subjonctif est lui aussi assez présent et utilisé très à propos! Une relecture sérieuse a donc clairement manqué dans la préparation de ce livre, ce qui est regrettable car sans cela, cet ouvrage au demeurant sympathique eût été nettement plus recommandable! Dommage donc que cette compilation d'anecdotes unique, fleurant bon l'ère américaine, ne soit pas mieux mise en valeur, il s'en est fallu de peu! Au niveau iconographie, là encore, l'essai n'est pas transformé puisqu'une dizaine de photographies assez ternes agrémente quelques pages du livre, parfois sans légendes et imprimées sur un papier qui n'est pas fait pour ça...

Ce petit opus est donc à prendre avec indulgence pour ce qu'il est : le témoignage sans prétention d'une expression assez inédite de l'Amérique castelroussine, celle d'un immigré monténégrin en quête d'Arizona et qui, de son propre aveu, reconnut : "Châteauroux, c'est déjà mon Amérique à moi!"


4e de couverture d'Il a fait son Amérique à Châteauroux, de Nicolas Pavlicevic.
--------------------------------------------

Il a fait son Amérique à Châteauroux
de Nicolas Pavlicevic
240 pages
20 euros
ISBN 978-2-919009-65-7
Pour commander, cliquez ICI.

dimanche 9 juin 2013

Les Américains dans l'Indre


Après la Meuse le mois dernier, c'est désormais au tour de l'Indre de commémorer la présence américaine dans le département entre 1950 et 1967, à travers une exposition retraçant cette "époque extraordinaire", comme l'annonce l'affiche.

L'exposition, à l'initiative de l'association des Anciens Employés Civils de la Base Américaine (AECBA), a principalement été "mitonnée" par Yves Bardet qui, pour l'occasion, a exhumé et numérisé des centaines de photos aussi originales que méconnues de la période américaine de Châteauroux.

Outre l'exposition en elle-même, des Américains ayant grandi à Châteauroux et Déols ont prévu de revenir dans l'Indre à l'occasion de ces journées de festivités franco-américaines dont le slogan est "Six decades of Friendship with our French Friends".

L'un des temps forts de ces quatre jours consistera en un recueillement au cimetière de Déols pour honorer la mémoire des quatre-vingt bébés américains décédés à La Martinerie qui y sont enterrés. Un projet de stèle sera étudié in situ. 

Ce sera également l'occasion pour ces Américains de visiter les lieux emblématiques de leur enfance, comme le collège de Touvent, qui était jadis l'école élémentaire américaine. Gageons qu'ils seront également nombreux à aller se restaurer une dernière fois au restaurant-snack "Joe from Maine" pour célébrer la mémoire de Joe Gagné, décédé il y a quelques mois, et avant que l'établissement ne ferme ses portes en septembre prochain, mettant un terme à soixante ans d'activité de cette institution castelroussine où le jeune Gérard Depardieu aimait à se rendre pour boire des bières en compagnie des GI's avant de finir la nuit par une bonne bagarre...

A l'heure où de telles pages historiques se tournent, saluons le travail de mémoire d'Yves Bardet et de l'AECBA pour commémorer l'époque américaine de Châteauroux!

Exposition Les Américains dans l'Indre
Salle d'exposition du site de l'Abbaye de Déols
Jeudi 20 et vendredi 21 juin 2013 de 9h30 à 12h30 & de 15h00 à 18h00
Samedi 22 et dimanche 23 juin 2013 de 9h30 à 18h00 sans interruption
ENTREE GRATUITE - VENEZ NOMBREUX!!

samedi 9 juillet 2011

Châteauroux : c'était l'Amérique!...


A partir d'aujourd'hui, et jusqu'au 1er octobre prochain, une grande exposition rétrospective sur la présence américaine à Châteauroux est présentée à l'espace Raymonde Vincent de la médiathèque Equinoxe, au 41 avenue Charles de Gaulle.

C'est l'occasion, pour les plus nostalgiques, de revivre l'âge d'or des Américains qui dynamisa la capitale de l'Indre seize années durant autour des installations de l'US Air Force à Déols et à La Martinerie. Pour les plus jeunes qui n'ont jamais connu la présence américaine, voila un bon moyen de découvrir cette époque dont le souvenir est encore très présent et très vivant dans l'esprit des Castelroussins.

Dans ce registre, saluons l'initiative de l'association "Tu connais la nouvelle?" visant à sensibiliser des lycéens  à cette thématique. En effet, des élèves de 1ère ES du lycée Sainte Solange, encadrés par l'écrivain Jean-Paul Jody, ont été chargés d'aller recueillir des témoignages de personnes ayant connu les Américains et ayant même parfois travaillé pour eux. Les résultats de ces interviews ont été synthétisés en un recueil de courts textes qui mettent en lumière différents aspects de l'american way of life en Berry.


Châteauroux 1951 - 1967
C'était l'Amérique
Médiathèque Equinoxe
Entrée libre
Horaires :


du 9 juillet au 31 août :
mardi :
10h-12h30 et 13h30-17h30
mercredi :
10h-12h30 et 13h30-17h30
jeudi :
13h30-17h30
vendredi :
10h-12h30 et 13h30-17h30
samedi :
10h-17h30


du 1er septembre au 1er octobre :
mardi :
10h-18h
mercredi :
10h-18h
jeudi :
13h30-18h
vendredi :
10h-18h
samedi :
10h-17h30

samedi 1 janvier 2011

Meilleurs voeux!

La patrouille américaine des Skyblazers de Chaumont et ses F-86F Sabre

A tous les lecteurs de ce blog, je souhaite une excellente année 2011 pleine de joies, de bons moments, de beaux meetings aériens, et j'en passe!

L'année s'annonce en effet chargée en ce qui concerne l'activité aérienne des anciennes bases de l'OTAN et leur actualité :

- Au premier trimestre est prévue la parution d'un livre sur la base aérienne de Merville-Calonne (59), deuxième opus de la collection "Aérodromes", réalisé et publié par l'association "Anciens aérodromes".

- Les festivités se poursuivront au printemps, toujours dans le Nord, avec le NATO Tiger Meet (NTM) qui se déroulera du 5 au 20 mai sur la base aérienne de Cambrai-Epinoy (59). Au programme, spotters days les 11, 16 et 17 mai, et un meeting aérien sur l'ancienne base de Cambrai-Niergnies le dimanche 15 mai. Cerise sur la gâteau, un livre à paraître proposera une rétrospective sur les 50 ans du NTM, alors que la rencontre va se tenir pour la dernière fois dans le Cambrésis (la BA 103 étant vouée à une fermeture certaine à l'été 2012).


- Du 22 au 31 juillet, Chambley (54) vibrera au rythme du Lorraine Mondial Air Ballons et de ses deux envols quotidiens de centaines de bulles multicolores dans un espace totalement réaménagé offrant une nouvelle perspective sur la base puisque la zone réservée au public sera désormais située au Nord de la piste. Émerveillement garanti!

- Les 17 et 18 septembre prochains, c'est Phalsbourg qui s'animera à l'occasion du désormais  traditionnel Héli Airshow organisé par le 1er RHC.

Tous ces évènements seront bien entendu repris et développés en temps utile sur ce blog, et ne manqueront pas d'être très vraisemblablement complétés par de nouvelles publications (livres, articles) à venir! J'en profite pour faire appel à vous : si vous êtes au courant d'évènements et et de parutions qui ne seraient pas évoqués ici, n'hésitez pas à utiliser la rubrique "Contact" pour m'en faire part et me permettre ainsi de partager l'information avec les autres lecteurs de ce blog! 

Alors, encore une fois, bonne année à tous, et n'oubliez pas de visiter régulièrement ce blog pour vous tenir informés des dernières mises à jours!

lundi 27 décembre 2010

La base US de Châteauroux fascine toujours!!

Article de la Nouvelle République. Cliquez pour agrandir
Entre fascination et nostalgie, près de quarante cinq ans après sa fermeture, on peut dire que la base américaine de Châteauroux n'a pas fini de faire couler de l'encre, ni de susciter des émotions!

La base américaine a inspiré de nombreux travaux d'universitaires et d'historiens (François Jarraud : Les Américains à Châteauroux ; Didier Dubant : Base américaine de Châteauroux-Déols 1951-1968 ; Valérie Prot : The american forces in Châteauroux 1951 - 1967), de cinéastes (Philippe Charigot : Châteauroux District ; Anice Clément : Châteauroux Airport) et d'écrivains (Jean-François Donny : US Go Home ; Jean-Pierre Muller : Chronique des années cinquante dans l'Indre, Les Américains à Châteauroux-Déols).

Tout récemment encore, en juin dernier, une stèle de l'amitié était offerte à la ville de Châteauroux par des Américains, en souvenir de leur enfance passée dans l'Indre et en signe de la vivacité du souvenir qui unit les deux peuples dans cette région du centre de la France.

Aujourd'hui, c'est un nouveau projet d'exposition qui se propose de raviver la flamme des seize années de présence américaine dans l'Indre. Divers acteurs régionaux et locaux, et notamment les archives municipales de Châteauroux, s'associent pour mettre sur pieds une exposition rétrospective qui doit commencer en juin prochain, à la médiathèque castelroussine. Les initiateurs du projet sont en quête de documents et d'anecdotes permettant d'apporter de l'eau à leur moulin. Si vous souhaitez leur venir en aide, leur prêter des documents ou tout simplement en savoir davantage sur cette exposition afin de ne pas la manquer (dates, lieux, horaires...), vous pouvez contacter M. Cirès, aux archives municipales au 02 54 08 33 08 ou par e-mail en cliquant ici. L'adresse postale pour envoyer vos documents est la suivante : 

Archives municipales
Hôtel de ville
Place de la République
36012 Châteauroux Cedex

Je ne manquerai pas de vous informer ici même de la suite de ce projet, dès qu'il sera davantage concrétisé.
Mes remerciements à M. Bardet pour m'avoir relayé cette information.

mercredi 3 novembre 2010

La bible du F-100 Super Sabre...


... sous couleurs françaises vient de paraître!

Et ça tombe bien! Car, ça ne vous aura pas échappé, voilà quelques semaines que la pluie et les nuages gris et bas s'invitent durablement dans nos cieux, qu'il fait nuit en plein jour et que le thermomètre  baisse graduellement. Pas de doute, on aborde la période d'hivernage où les soirées qui s'allongent et les weeks-ends pluvieux ne sont plus guère propices à sortir faire de grandes balades...

C'est donc le moment idéal pour se lancer dans la lecture d'un livre passionnant et bien fait, richement illustré et dont le nombre de pages nous garantit d'avoir de la matière pour un bon bout de temps (dans un mois et demi, l'hiver ne fera que commencer officiellement, ne l'oublions pas!). Sinon, pour ceux qui auraient encore des travaux à faire au jardin pour le moment, sachez anticiper : dans quelques semaines, le froid se fera plus rude, et les fêtes de fin d'années approchant, voilà donc assurément un cadeau à se faire offrir (ou, à défaut, à s'offrir!).

Mais venons en aux faits : le F-100 Super Sabre en service dans l'armée de l'air! Il s'agit donc des versions D (bombardement atomique entre autres ) et F (biplace)... Tout un programme!
Pourquoi vous en parler dans ce blog? Les raisons sont multiples!
D'abord, les F-100 français furent intégrés à l'inventaire de l'Armée de l'Air dans le cadre du Military Assistance Program (MAP), partie émergée de l'iceberg qu'était la doctrine américaine de containment et matérialisation militaire de l'alliance Atlantique.

De plus, pendant la guerre froide, les jets de l'US Air Force étaient rapidement remplacés par de nouveaux appareils plus performants. S'ils étaient jugés obsolètes pour l'USAF, leur potentiel restait souvent réel, voire important. Ils étaient alors cédés, soit aux unités de l'Air National Guard (force aérienne de réserve des Etats-Unis), soit aux nations alliées, dans le cadre du MAP, justement. C'est dans ces conditions que des F-100 Super Sabre appartenant jadis au 48th Tactical Fighter Wing (TFW) de Chaumont (52), ou au 49th TFW d'Etain (55) par exemple, se retrouvèrent sous cocardes françaises, aux mains de pilotes et de mécaniciens de l'Armée de l'Air tandis que les unités américaines percevaient respectivement des F-4 Phantom et des F-105 Thunderchief.

Ces quatre F-100 évoluaient précédemment sous couleurs américaines,
depuis les bases d'Etain et de Chaumont.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.
Chargés de la pénétration nucléaire à une époque où la France n'était pas encore autonome dans ce domaine, les F-100 de l'Armée de l'Air étaient alors dotés d'armes atomiques américaines, sous contrôle de l'armée des Etats-Unis. Rappelons qu'en 1958, les armes atomiques nécessaires aux unités tactiques américaines basées en France (Chaumont, Etain et Toul-Rosières) avaient été interdites dans l'Hexagone par le général de Gaulle, puisque les Américains ne daignaient pas, selon les voeux du Président du Conseil, en laisser le contrôle aux autorités françaises. Le résultat fut la migration en Allemagne des trois escadres tactiques américaines basées en France (48th, 49th et 50th TFW). Ainsi, la souveraineté nationale semblait-elle respectée.
Or, une des conséquences pour le moins cocasse de cette politique fut que les F-100 français, dotés de bombes américaines,  durent eux aussi quitter l'Hexagone pour opérer depuis l'Allemagne (bases aériennes françaises de Lahr et Bremgarten), au moins jusqu'à l'indépendance nucléaire française, représentant une autre facette de l'histoire des aviations de l'OTAN au cours de la guerre froide....

Enfin, à l'instar de tous les appareils d'origine américaine évoluant en Europe (que ce soit au sein de l'USAFE comme des forces aériennes des pays membres de l'OTAN), les F-100 français étaient entretenus au départ par le Central Air Material Area, Europe (CAMAE), au Châteauroux Air Depot, avant la fermeture de la base américaine de Châteauroux-Déols*. On disait alors qu'on envoyait les avions en IRAN (pour Inspect and Repair As Necessary).

Quoi qu'il en soit, si l'aviation militaire, et notamment les "lampes à souder" vous intéressent, voilà de quoi vous "en payer une bonne tranche". Superbement illustré et détaillé, à l'instar des opus de la série sur le Mirage III qu'Eric Moreau avait déjà co-écrite, bien conçu et d'une fabrication à la hauteur du temps et de l'énergie investie dans ce projet, ce livre est un must! Seul petit bémol : une relecture sans doute un brin rapide a laissé passer d'assez fréquentes fautes d'orthographe... c'est toujours regrettable, surtout dans le cadre d'une véritable "bible" comme c'est le cas ici. Il est vrai que de nos jours, les lecteurs y deviennent de moins en moins sensibles, c'est regrettable... Jean-Pierre Calka quant à lui avait récemment co-signé le très bel historique de la BA 112 de Reims dont je vous avais parlé ici-même. Et si malgré ces garanties vous deviez encore hésiter, jetez un coup d'oeil à la recension de ce livre par l'Aérobibliothèque!

* le CAMAE sous-traitait alors en partie la maintenance avec le consortium AEMCO-Breguet, puis avec  la SERIMA (Société d'Entretien et de Réparation Industrielle de Matériel Aéronautique) qui continua encore l'entretien des appareils américains aux couleurs françaises après la fermeture de la base de l'US Air Force.
_____________________


F-100D/F Super Sabre en service dans l'Armée de l'Air
par Jean-Pierre Calka et Eric Moreau
Eric Moreau autoédition
Voir le site des auteurs & COMMANDER
ISBN 978-2-9537514-0-6
70 €

jeudi 28 octobre 2010

La flamme de l'amitié brûle à Châteauroux

Friendship flame / © Yves Bardet

Comme je vous en faisais part dans ce blog en mai dernier : la "Flamme de l'amitié" (Friendship flame) brûle dorénavant à Châteauroux pour commémorer l'amitié entre les anciens élèves de "Chateauroux American High School", fils et filles des Américains jadis affectés à la base aérienne de l'USAFE, et les populations de Châteauroux et Déols.

Yves Bardet, que je remercie, m'en a récemment fait parvenir quelques photos pour les partager ici même.





Voir aussi la page consacrée à ce mémorial sur le site Aérostèles.

mardi 11 mai 2010

Chronique des années cinquante dans l'Indre

.
C'est non sans une certaine curiosité que j'ai entrepris la lecture de Chronique des années cinquante dans l'Indre - Les Américains à Châteauroux-Déols, le dernier livre de Jean-Pierre Muller. En effet, si les études historiques sur la présence alliée en France pendant la guerre froide se multiplient depuis quelques années, la publication d'un roman sur ce sujet est, à ma connaissance, inédite*.
.
J'étais donc impatient de découvrir de quelle manière l'auteur avait traité ce sujet et ce cadre, bien réels, dans un roman de fiction.
En effet,
malgré le soin généralement apporté à leur écriture et/ou à leur réalisation, je trouve que les docu-fictions laissent souvent au lecteur/spectateur un sentiment d'incertitude ou de doute quant à la véracité des faits énoncés, ne sachant pas toujours de quel côté de la fiction ou de la réalité se situe l'histoire, ou en tous cas certains de ses détails.
.
Force est de constater qu'à cet exercice, Jean-Pierre Muller s'en sort tout à fait honorablement en proposant une approche originale de l'histoire américaine de Châteauroux. J'ai en effet été assez agréablement surpris par ce livre qui, plutôt que de seulement évoquer le choc des cultures française et américaine, le fait toucher du doigt au lecteur. De plus, les anecdotes et faits divers réels distillés au cours du récit sont assez détaillés pour qu'un lecteur, même s'il ne connaît pas l'histoire ni la région de Châteauroux (c'est mon cas), puisse faire la part des choses et distinguer le vraissemblable du vrai.
.
Au cours des soixante premières pages (approximativement un tiers du livre), contre toute attente, il n'est en rien question de la présence américaine à Châteauroux. Jean Pierre Muller nous plonge dans le quotidien d'une famille d'agriculteurs, les Fromentin.
Vendanges, travail de la terre, tracas liés aux maladies décimant les cultures... L'immersion du lecteur est progressive, aidée en celà par l'utilisation régulière du patois berrichon dans le texte. De même, l'auteur ne manque pas d'évoquer les croyances et superstitions de la population rurale du Berry, traditionnellement terre de sorcellerie.
Si ces procédés ne facilitent pas forcément la lecture, ils participent en tous cas à l'imprégnation de la culture paysanne chez le lecteur, et a une meilleure appréhension du choc culturel qui s'ensuivra.
.
Avec une certaine habileté, l'auteur aborde ensuite l'éventualité de l'installation de l'armée américaine dans la région par l'intermédiaire de rumeurs colportées par la population locale. Ces "on dit", sont alors plus ou moins déformés, à la manière dont, on l'imagine, les nouvelles se sont effectivement répandues à Châteauroux au début des années cinquante. Là encore, ce procédé parvient presque à faire oublier la suite rélle, connue pourtant, tant elle fait désormais partie de l'histoire castelroussine, en suspendant le lecteur aux hypothèses et aux rumeurs de la cité.
.
Après la période de doute et d'incrédulité, s'ensuit alors la période de questionnement et d'inquiétude : pourquoi cette nouvelle occupation en temps de paix? Pourquoi Châteauroux? Quid des menaces induites par cette base américaine? Menaces militaires en cas de conflit, certes, mais également menaces civiles au quotidien, dans une ville où débarquent les grosses voitures américaines, fascinant d'un côté, mais représentant un danger routier de l'autre ; climat d'insécurité dans les rues où les bagarres se multiplient, où les mères tremblent pour leurs filles, où la prostitution est une réalité tangible...
.
Si tous ces aspects avérés de la présence américaine en France et, en l'occurrence, à Châteauroux, ont déjà pu être évoqués dans d'autres travaux, j'ai personnellement eu, pour la première fois, l'impression de "vivre" cette cohabitation, ce choc des cultures grâce aux nombreux exemples détaillés de scènes quotidiennes. Face à un parti communiste nombreux et actif, les Américains, envoyés en France pour protéger le pays du risque de domination soviétique, ne comprennent pas l'accueil qui leur est réservé lorsqu'il retrouvent systématiquement leurs voitures avec les pneus crevés, du sucre dans le réservoir d'essence, sans parler des inscriptios US go home fleurissant sur tous les murs de la ville.
.
Bien entendu, outre une certaine incompréhension réciproque, Chronique des années cinquante dans l'Indre ne manque pas d'évoquer le pouvoir de séduction de ces Américains et de leur mode de vie : le Coca Cola ou le tabac blond qu'on consomme sans forcémment les apprécier, afin d'être à la mode ; le whisky et le bourbon, mais aussi l'arrivée du twist et du rock'n roll dans un pays de bourrées et de polkas...
.
L'exemple des mariages franco-américains vient enfin clôturer le livre en mettant en avant l'évolution progressive des mentalités, la fascination de l'American way of life, même chez certains sympathisants communistes, bien forcés de constater que les Américains ne sont pas tous, ni autant méprisables que le Parti voudrait le faire croire.
On peut, à ce stade, relever une petite incohérence de la part de l'auteur dans le profil d'un de ses personnages, ou plutôt une trop grande intervention de sa part, dans la bouche du patriarche qui, à certains moments de l'histoire, ne peut aligner deux phrases sans employer le patois berrichon, et qui, à d'autres reprises, est capable de débattre de grandes idées telles que la doctrine communiste ou l'impérialisme américain, dans un français irréprochable et soutenu .
Ce n'est pourtant là qu'un détail et, force est de constater que le pari relevé par l'auteur en proposant ce roman réaliste est gagné.
.
Pour les passionnés et/ou les nostalgique de l'époque américaine, précisons qu'en dehors de deux photos (en première et quatrième de couverture), le livre ne contient aucune autre illustration. Les lecteurs désireux d'en apprendre davantage sur la base de Châteauroux et son histoire pourront compléter la lecture de Chronique des années cinquante dans l'Indre par celle de l'étude historique de Didier Dubant parue en 2008 chez le même éditeur, intitulée Base américaine de Châteauroux-Déols, 1951-1968.
.
Fabrice Loubette
.
Chronique des Années cinquante dans l'Indre - Les Américains à Châteauroux
par Jean-Pierre Muller
préface de Didier Dubant
ISBN/EAN : 9782813801517
22,00 € , 192 pages , 165 x 235 mm
.
.
* si toutefois l'on excepte Le Mercenaire, de Pierre Fisson, écrit et publié en 1954, c'est à dire à une période contemporaine de la présence otanienne en France.