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samedi 30 mars 2019

La bible des "Faucons argentés"

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Basé à Grostenquin (Moselle) treize années durant, l'escadron 430 de la Royal Canadian Air Force a fêté ses 75 ans en 2018. L'auteur canadien Marc-André Valiquette a dignement marqué cet évènement avec la publication à l'automne 2018 d'un superbe ouvrage rétrospectif à l'occasion de cet anniversaire.


Non, il ne s'agit pas d'un ouvrage d'ornithologie! Les "Faucons argentés" font bien ici référence aux membres de l'aviation royale du Canada qui ont fait - et font toujours - vivre le No. 430 Squadron "Silver Falcon". Les 3/4 de siècle de l'unité ont constitué l'occasion rêvée pour l'auteur-éditeur québecois Marc-André Valiquette, de prodiguer à cet escadron le même "traitement de choc" éditorial qu'à ses précédents sujets. Son réel savoir faire en la matière a abouti en un livre de premier choix, tout comme ses précédents ouvrages. Après une remarquable saga sur le programme avorté CF-105 Arrow, l'auteur se consacre, depuis 2012, aux anniversaires marquants d'unités emblématiques de la Royal Canadian Air Force (RCAF). Après l'escadron 425 en 2012, l'escadron 439 en 2015 dont nous avions proposé une recension ici même, et la 3e escadre de Bagotville en 2017, c'est à présent un escadron septuagénaire, encore en activité de nos jours au Québec, qui est mis à l'honneur.



L'étude de Marc-André Valiquette s'ouvre sur l'engagement du Canada dans la Seconde Guerre mondiale et sur la formation, en Angleterre, le 1er janvier 1943, de l'escadron 430 (No. 430 Squadron). L'unité est équipée de Curtiss Tomahawk le temps de l'instruction des pilotes, puis de Mustang Mk1, plus particulièrement chargés de la reconnaissance aérienne dans le cadre de la préparation du Débarquement de Normandie, ainsi que du réglage des tirs d'artillerie.

Dissous au terme du conflit, l'escadron renait six ans plus tard, en 1951, dans le contexte de la guerre froide. Evoluant désormais sur jet, et plus particulièrement sur le mythique et élégant Canadair Sabre, l'unité se voit confier la mission d'interception et de défense aérienne diurne. Dans ce contexte, il intègre la 2e Escadre de chasse de la RCAF qui doit déménager pour s'installer en France, au titre de la participation du Canada à l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN)


Durant l'opération Leapfrog, aux côtés de leurs camarades des escadrons 416 et 421, les pilotes du Squadron 430 traversent l'océan Atlantique par étapes, seuls à bord de appareil leur mono-réacteur...


... pour arriver sur une base aérienne à peine sortie de terre et loin d'être achevée et opérationnelle. Mais qu'importe, la 2e escadre canadienne a pour vocation d'envoyer un message fort aux alliés, mais surtout aux adversaires de l'OTAN : depuis Grostenquin, les pilotes et leurs chasseurs veillent pour barrer la route aux bombardiers soviétiques qui auraient dans l'idée de franchir le Rideau de fer ! D'autres escadres canadiennes viendront dans la foulée s'installer sur le continent européen pour constituer la 1ère Division aérienne canadienne, alignant au plus fort de son histoire jusqu'à douze escadrons de 25 Sabre chacun !

L'escadron 430 est donc un des premiers à arriver en Europe, essuyant les plâtres du dispositif canadien au sein de l'OTAN, un peu perdu au milieu de la campagne lorraine, dans une région minière et en partie germanophone où l'acculturation ne coule pas de source pour les militaires canadiens, dont tous ne sont pas francophones, loin s'en faut !


Rapidement, les pilotes de l'escadron, puis de l'ensemble de la division, se forgent une réputation de "rois du ciel" à bord de leur version canadienne hyper manoeuvrante du Sabre. Boosté par un réacteur Orenda, le Sabre en service au Squadron 430 est en outre régulièrement modernisé (Mark 2, puis Mk 5 et enfin la verison ultime, Mk 6).

Pourtant, avec l'évolution des matériels, et l'arrivée du Mirage III, le Sabre canadien est détrôné et la division aérienne change de mission et de monture.



Ré-équipés avec le CF-104 Starfighter, les "Faucons argentés" se voient confier la mission de dissuasion nucléaire à partir de la fin de l'année 1963.
Problème : les Américains s'y étaient déjà essayés depuis la France quelques années plus tôt, avant de se "casser les dents" sur les positions politiques du général de Gaulle et de devoir déménager leurs escadres tactiques hors de l'Hexagone.


Sur la question nucléaire, les mêmes causes produisent les mêmes effets, feuille d'érable sur le fuselage ou non : les bombes, elles, restent américaines, et dons indésirables sur le sol français. Pour assurer leur mission, les "Faucons argenté"s (et leurs voisins de marguerite les "Indiens rouges" de l'escadron 421) sont contraints de quitter Grostenquin pour s'installer en Allemagne. Un saut de puce, qui, pour la mission des unités, ne change strictement rien, contrairement aux riverains qui voient la "poule aux oeufs d'or" s'envoler, et la base fermer...


C'est depuis Zweibrücken, tout contre la frontière française que l'escadron poursuit son activité au sein de la 3e escadre de chasse canadienne. Les appareils et leurs pilotes ont toutefois l'occasion de repasser régulièrement en France, comme à l'occasion des concours de bombardement organisés depuis la base américaine de Chaumont dans la première moitié des années 1960, et opposant les 2e et 4e Forces aériennes tactiques alliées d'Aircent.



Après un nouveau déménagement de Zweibrücken à Lahr, l'unité change radicalement de mission à partir de 1971 puisqu'il regagne le Canada pour devenir un escadron d'hélicoptères, toujours actif de nos jours !



Comme les précédents ouvrages de l'auteur, ce livre de 264 pages est abondamment illustré de photos rares et de très belle qualité et rédigé en français et en anglais ! La mise en page est agréable, faisant la part belle à l'iconographie. Les texte, surtout basé sur les cahiers de marche de l'escadron, sont assez courts sur chaque page, permettant d'aller à l'essentiel tout en se reportant au photos pour illustrer le propos. L'ensemble se lit donc bien, servi par une impression de qualité, sur un beau papier épais.

Enfin, et ce n'est pas négligeable, Marc-André Valiquette a eu la bonne idée de faire référencer ses livres chez Aviation Megastore à Amsterdam, ce qui permet aux potentiels acquéreurs européens un peu plus de faciliter pour commander l'ouvrage, évitant le taux de change et les formalités douanières depuis le Canada.

Pour commander le livre sur l'escadron 430 au prix de 49,95 euros, suivez ce lien. S'il apparaît indisponible, armez vous d'un peu de patience, le magasin en recommandera sans doute rapidement.
Et tant que vous y êtes, je ne saurais que trop vous recommander d'ajouter à votre panier le précédent livre de l'auteur consacré à l'escadron 439 basé à Marville à la même époque (découvrez sa recension ICI). C'est un ouvrage tout aussi bien réalisé qui en plus est en promotion à moins de 20 euros ! Profitez-en !

 

Pour être complet, sachez qu'une édition limitée collector du livre sur le No. 430 Squadron a également été publiée (75 exemplaires), avec couverture en relief, macaron, le tout proposé dans un superbe coffret pour un prix de 300$ canadiens (port en sus). Il n'en restait qu'une dizaine fin janvier et peut que quelques exemplaires demeurent disponibles. Pour le commander, contacter directement l'auteur en cliquant ICI.

Aucune description de photo disponible.
L'édition collector est proposée dans un très bel écrin
Aucune description de photo disponible.

mardi 10 juillet 2018

Le rat-TRAB-age, c'est maintenant!!

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Non non, rassurez-vous, pour le réveil de ce blog après une longue hibernation, je ne vais pas vous sortir le marronnier du baccalauréat et de son rattrapage... c'est bien de TRAB (Toul-Rosières Air Base) qu'il sera question ci-dessous.

Il s'agit simplement de préciser aux lecteurs distraits, ou qui ne suivent pas la page France-Air-OTAN sur Facebook, qu'il ne leur reste que deux jours pour se procurer en kiosques le numéro 11 du magazine Airpower contenant mon article de 16 pages sur la plus célèbre des bases américaines en France durant les années 1950-1960 : Toul-Rosières.


Aucun texte alternatif disponible.



La rédaction d'Airpower a en effet avancé la parution du numéro 12 de quelques jours, avant le cap fatidique du 14 juillet pour les départs en vacances. Le numéro 12 sortira donc le 12 juillet.
Si votre marchand de journaux n'a plus le n°11 ou si vous êtes dans l'impossibilité de vous le procurer avant l'arrivée du n°12, pas de panique, le magazine restera encore disponible auprès du site internet  d'Airpower, il vous en coûtera juste quelques euros de plus pour couvrir les frais de port...

Si toutefois vous arriviez trop tard au kiosque pour mettre la main sur le dernier exemplaire du n°11, ne boudez pas pour autant le n°12! Vous aimez les "lampes à souder"? Ce nouveau numéro est pour vous également! Un article rétrospectif sur la 3e Escadre de Chasse, ses F-84 et ses F-100, devrait vous en mettre plain les mirettes!

L’image contient peut-être : texte

Quant à ce blog, comme vous avez pu le constater, il était pour le moins délaissé ces derniers mois : la paternité et les projets éditoriaux "papier" m'obligent à faire des sacrifices, et il est vrai que j'ai souvent tendance à me "contenter" d'une publication sur la page Facebook pour faire part de l'actualité des anciennes bases aériennes de l'OTAN en France. Mais laisser de côté les lecteurs qui n'ont pas de compte Facebook et ne souhaitent pas en avoir ne me satisfait pas, aussi j'ai souhaité redonner vie à ce blog. Revenez vite, une belle actualité se profile dans les prochains jours! 

vendredi 3 novembre 2017

Dédicaces en novembre, Noël en décembre...


Ce week-end, mes co-auteurs et moi-même serons en dédicaces au 14e salon du livre d'histoire de Verdun (55), pour y présenter notre livre Les Américains en France. Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine seront présents tous deux dès demain, et je les rejoindrai dimanche, parmi une soixantaine d'auteurs, au Centre mondial de la Paix. Pour le programme de l'édition de cette année, CLIQUEZ ICI. L'entrée est libre, de 10h00 à 12h30 et de 14h00 à 18h00. Rappelons que Verdun hébergeait une importante garnison américaine durant les années 50 et 60, au sein des caserne Maginot, Gribeauval, mais aussi à l'hôpital Desandrouins ou au Rozelier (aérodrome et fort/dépôt de munitions).


Les 18 et 19 novembre, je serai également présent au 15e salon du livre d'histoire de Woippy (57), une autre ville qui connut une importante présence américaine, en garnison au dépôt de Sainte-Agathe (actuel Etablissement Colonel Clerc, hébergeant le 8e Régiment du Matériel de l'Armée de Terre) dont une partie des GI's et leurs familles logeaient dans la cité située autour des rues de Metz, de Brest et d'Arles. Le salon aura lieu salle Saint-Exupéry (place André Debs, à côté de la mairie) et l'entrée est libre, de 10h00 à 19h00.



Enfin, au Festival du livre de Colmar, les 25 et 26 novembre, c'est Daniel Corroy qui dédicacera son livre sur la 3e Escadre de Chasse et le F-100D/F Super Sabre. L'ouvrage devrait être présenté sur deux stands distincts : le stand de l'armée de l'air, ainsi que le stand du Mémorial des combats de la poche de Colmar.


Le festival a lieu au parc des expositions de Colmar, avenue de la foire aux vins, à côté de l'aérodrome d'Houssen, de 9h00 à 19h00 le samedi, et de 9h00 à 18h00 le dimanche. Le parking et l'entrée du salon sont gratuits. Pour avoir un aperçu du contenu du livre de Daniel Corroy, CLIQUEZ ICI.
Pierre Labrude, Pierre-Alain Antoine, Daniel Corroy et moi-même espérons vous croiser nombreux à l'un ou l'autre de ces évènements littéraires! A bientôt!

Fabrice Loubette

jeudi 27 juillet 2017

La "3" à l'heure du F-100


L'accomplissement d'un projet né il y a 10 ans : voilà ce que constitue cet ouvrage auto-publié par Daniel Corroy, ancien mécanicien équipement sur F-100 Super Sabre au sein de la 3e Escadre de Chasse en RFA pendant la guerre froide...

La démarche est atypique et semble plutôt rare : qu'un ancien mécanicien prenne la plume pour transmettre au lecteur l'amour (c'est bien de ça qu'il s'agit) qu'il voue à son avion est une démarche à laquelle on n'est pas souvent confronté. Le "syndrome de St-Ex"* pousse généralement davantage des pilotes, avec plus ou moins de succès, à coucher sur le papier leurs souvenirs de vols et les sentiments et impressions qui les habitaient là haut, dans les cieux, au cours de missions mémorables...
Mais qu'un "rampant", un "graisseux" écrive un livre sur ses souvenirs d'opérations peut étonner : quelles anecdotes palpitantes peut-il bien espérer transmettre au lecteur sans le faire "décoller"? 
* Pas sûr que ce syndrome existe réellement ni que, dans l'affirmative, tel soit en effet son nom, mais nous avons trouvé l'image parlante.

Cette question bête (et volontairement provocante), Daniel Corroy ne se l'est heureusement pas posée, poussé et encouragé qu'il a été dans son projet de rétrospective par ses anciens collègues pilotes et mécaniciens de la "3". Car c'est bien un ouvrage qui fera date qu'il nous propose aujourd'hui, et il eût été dommage qu'une appréhension infondée inhibât sa démarche mémorielle et passionnelle visant à transmettre ce qu'a été cette période historique, de 1959 à 1966 à la "3". D'autant plus que l'auteur a su s'entourer et que son ouvrage regorge de témoignages d'anciens de son unité, dont des pilotes, et est très largement illustré. Saluons d'ailleurs les photos de Régis Merveille, ancien pilote dont le patronyme correspond tout à fait aux clichés qu'il a fournis pour l'illustration de cet ouvrage. Ses superbes photos, notamment en couleurs, dont beaucoup ont été prises en vol, ont déjà illustré plusieurs articles et ouvrages consacrés au F-100 ou à l'EC 1/3 Navarre, mais c'est toujours avec plaisir qu'on les redécouvre, surtout ainsi compilées et mises en valeur dans un aussi bel ouvrage que celui que signe Daniel Corroy.

Mais, avant d'aller plus loin dans le commentaire du livre, re-situons le contexte : de la fin des années cinquante au milieu des années soixante, en pleine guerre froide, la France contribue à l'alerte nucléaire face au bloc soviétique dans le cadre de l'OTAN au moyen de deux escadres de chasse : la 3e et la 11e EC. A cette époque, l'indépendance atomique tricolore n'est pas encore acquise, et les moyens d'assurer cette permanence (bombes + avions) sont fournis par les Etats-Unis, comme c'est le cas pour d'autres pays (Belgique, Canada, Pays-Bas...). Dans ce contexte, la France est toutefois un des rares pays utilisateurs du chasseur-bombardier F-100 Super Sabre, mis à disposition dans le cadre du Mutual Defence Assistance Program (MDAP) envers certains pays alliés. (Le club des pays utilisateurs de F-100 est assez restreint, puisqu'outre les Etats-Unis, il ne compte que la France, le Danemark, la Turquie et Taïwan).

Parallèlement, implantée en France sur les bases aériennes de Chaumont, Etain et Toul, l'US Air Force y entretient également trois escadres de chasseurs-bombardiers F-100 Super Sabre, elles-aussi en charge du strike nucléaire au delà du rideau de fer. 
Devenu Président de la République en 1959, Charles de Gaulle souhaite accélérer le développement entamé sous la IVe République d'une force de frappe nucléaire franco-française. Désireux de redonner à la France un certain libre-arbitre et une liberté de mouvement vis-à-vis de l'alliance Atlantique, il commence par demander que les armes atomiques américaines et leurs vecteurs soient placés par les Américains sous un système de double clé dont la France aurait également la responsabilité. En cas de refus des Américains, de Gaulle souhaite que les armements nucléaires américains et les avions chargés de les mettre en oeuvre quittent le territoire français. Bien sûr, Washington refuse de confier le double des clés à Paris et déménage ses trois escadres de F-100 vers l'Allemagne et et la Grande-Bretagne. C'est l'opération Red Richard, qui intervient entre l'été 1959 et le début de l'année 1960. 
Paradoxalement, mais dans le droit fil de la logique gaullienne, ces dispositions concernent donc également la 3e EC de Reims et la 11 EC de Luxeuil, elles-aussi dotées d'armes nucléaires américaines dans le cadre de leur mission (bombes gardées par des contingents de militaires américains au sein des bases françaises). Ces deux escadres sont donc également contraintes de déménager hors de l'Hexagone, le temps pour la France d'achever son programme d'armement nucléaire aéroporté par le biais des escadrons de Mirage IV.

Ce sont donc respectivement les bases de Lahr et Bremgarten qui accueillent les 3e et 11e escadres de chasse. Situées en RFA, dans la vallée du Rhin, à une encablure du territoire français, mais sur la rive droite du fleuve frontière, ces deux bases deviennent le théâtre d'une parenthèse méconnue qui s'ouvre alors dans l'histoire de la permanence nucléaire au sein de l'armée de l'air. Daniel Corroy détaille notamment dans son ouvrage les spécificités de la mission strike en termes de disponibilité des avions et donc de contraintes mécaniques, différentes de celles des autres unités où il a servi. L'examen de ces contraintes a d'ailleurs permis, à l'usage, de paver la route des futures Forces Aériennes Stratégiques (FAS). Dommage que l'auteur ne détaille pas plus les relations entre les armuriers français et les Américains en charge de la garde de l'arsenal atomique, et notamment le déroulement des entraînements d'alerte nucléaire. Sans doute n'y a t-il lui-même pas été trop confronté de par sa spécialité, et le sceau du secret pèse peut-être encore de nos jours... Un intéressant témoignage d'un armurier habilité nucléaire à l'époque, Paul Crépin,  apporte toutefois d'intéressantes informations sur cette partie du travail propre à l'escadre.

F-100D de l'EC 1/3 Navarre. Profil : Stéphane Lhernault
Cette image n'est pas tirée du livre.

Saluons l'initiative de Daniel Corroy, qui aurait très bien pu se contenter de couler une paisible retraite mais qui au lieu de celà, s'est lancé dans une quête de témoignages et de documents qui lui aura finalement pris quatre ans pour aboutir à ce très beau résultat.
L'ouvrage est intelligemment construit et s'articule en une trentaine de chapitres thématiques, allant de six à douze pages chacun et présentant un aspect spécifique de l'unité, une anecdote, un témoignage ou un temps fort : l'historique de la "3", les campagnes de tirs à Solenzara, la base de Lahr et sa garnison d'expatriés où règnent solidarité, entraide et solides amitiés, le concours Aircent de 1963...
Signalons la démarche de l'auteur qui, dans un souci de pédagogie, situe chaque chapitre dans son contexte historique ou géographique et détaille les causes mécaniques pour chaque accident ou crash évoqué, photos des systèmes incriminés à l'appui. De même les témoignages de pilotes inclus aux chapitres trouvent à chaque fois, en écho, le point de vue de "la mécanique", ce qui en fait presque un livre chorale où l'on sent que c'est le point de vue de l'unité, et non celui d'un seul de ses membres qui est consigné et transmis dans cet ouvrage. C'est pourquoi il est fort probable que ce livre plaise également aux jeunes mécaniciens avions actuels, tant leur rôle est reconnu à leur juste valeur et tant le propos et l'analyse des incidents et accidents relatés peuvent s'avérer intéressants voire formateurs. La mécanique et les avions ont changé, l'approche du problème technique et l'esprit de déduction reste le même aujourd'hui.

Sommaire de l'ouvrage. Cliquez pour agrandir.

A quelques rares occasions, l'auteur se réserve le privilège d'une digression, sortant du cadre de la 3e EC au temps du F-100, pour évoquer la carrière d'Edmond Marin la Meslée, la catastrophe d'Albacete en 2015 ou encore le crash du capitaine Allard... autant d'occasions lui permettant de témoigner d'un esprit de corps toujours palpable aujourd'hui, le lien étant celui de l'appartenance à une unité, la 3e EC, au travers de ses différentes époques.

Au centre du livre a été déportée une série d'annexes, habilement sortie des chapitres auxquelles elles se rapportent pour ne pas alourdir le propos avec des photos et des informations s'adressant à une minorité de lecteurs : anciens de l'Escadre qui se retrouveront avec plaisir sur des photos de repas d'unité ou de prises d'armes, photos de villégiature corse lors d'une campagne de tirs à Zara... 
L'ensemble de l'ouvrage est ainsi très agréable à lire et à feuilleter, l'auteur excluant une narration académique pour se faire complice du lecteur et ainsi transmettre avec un certain humour ses souvenirs, anecdotes voire confidences.
Pour finir, Daniel Corroy élargit un peu son traitement du sujet en consacrant quelques chapitres à ses souvenirs autres opérationnels à Bremgarten au temps de l'Ouragan puis du F-84F, à Chaumont, ville dont il est originaire et où il redécouvre la base aérienne américaine de l'intérieur avec un plaisir manifeste, lors des rencontres Aircent auxquelles il prend part avec la "3"...

4e de couverture. Cliquez pour agrandir.

Pour résumer, on peut dire que ce livre est une pièce de choix pour quiconque s'intéresse aux relations entre l'armée de l'air et l'OTAN, notamment avant l'obtention de la puissance atomique par la France. Ce sujet trop peu traité trouve enfin une visibilité méritée à travers ces pages. Il en va de même pour l'engagement des militaires français de l'armée de l'air expatriés en RFA en pleine guerre froide pour garantir cette mission au sein d'une alliance militaire à laquelle ils sentaient sans doute déjà qu'ils n'appartiendraient plus très longtemps, du moins dans les mêmes conditions. Une époque très particulière donc, mise en valeur avec tendresse par Daniel Corroy. 
Il serait intéressant que l'initiative de l'auteur trouve un écho au sein de la très organisée amicale des Anciens de la 11e Escadre de Chasse, qui pourrait se lancer dans la réalisation d'un livre équivalent vu de la "11". Cette escadre a certes volé bien plus longtemps que la "3" sur Super Sabre et plus seulement dans une rôle de strike nucléaire. Mais disposer d'un ouvrage de référence équivalent pour la période allemande de la 11e EC, sur la base de Bremgarten, serait une vraie chance. L'appel est lancé...

Bien qu'il ait fort à propos sollicité la société de prestations graphiques Baobab, qui a réalisé une très belle mise en page et assuré la fabrication de l'ouvrage, l'auteur assure seul la distribution de son livre qui n'est donc pas diffusé dans le commerce, ni dans les réseaux grands publics, ni auprès des filières spécialisées. Le seul moyen pour vous le procurer est donc de le commander directement auprès de lui. Pour ce faire, vous trouverez ci-dessous un bon de commande, ainsi que ses coordonnées. Seul le paiement distant par chèque est accepté (pas de paiement électronique).
Vu la qualité de l'ouvrage, il est fort probable que le tirage s'amenuise rapidement. Ne manquez donc pas cette opportunité d'ajouter ce très bel ouvrage à votre bibliothèque. Il complètera d'ailleurs très avantageusement le livre de Jean-Pierre Calka et Eric Moreau sur Le F-100D/F Super Sabre en service dans l'armée de l'air.

La 3e Escadre de Chasse et le F-100D/F Super Sabre
21,6 x 30,3 cm. 354 pages. Couverture rigide.
Plusieurs centaines de photos en couleurs et noir et blanc.
54 euros franco de port.
Bon de commande ci dessous (à imprimer, à compléter et à retourner à l'auteur accompagné de votre règlement par chèque)


La 3e Escadre de Chasse et le F-100 Super Sabre



Bon de commande. Cliquez pour agrandir.


La 3e Escadre de Chasse et le F-100D/F Super Sabre
21,6 x 30,3 cm. 354 pages.
54 euros franco de port.
Bon de commande ci dessus (à imprimer, à compléter et à retourner à l'auteur accompagné de votre règlement par chèque uniquement).


L'auteur assurant seul la distribution de son livre qui n'est donc pas diffusé dans le commerce, ni dans les réseaux grands publics, ni auprès des filières spécialisées, le seul moyen pour vous le procurer est donc de le commander directement auprès de lui. 
Pour ce faire, vous trouverez ci-dessus un bon de commande, ainsi que ses coordonnées. Seul le paiement distant par chèque est accepté (pas de paiement électronique).
Vu la qualité de l'ouvrage, il est fort probable que le tirage s'amenuise rapidement. Ne manquez donc pas cette opportunité d'ajouter ce très bel ouvrage à votre bibliothèque. 

mardi 25 juillet 2017

Les escadres de l'armée de l'air à l'honneur


Le premier Hors-Série du magazine Avions de Combat  actuellement en kiosques met à l'honneur le travail de Gérard Paloque sur les escadres de l'armée de l'air de 1945 à nos jours.
Véritable gageure que de travailler sur une telle période historique, compilant tant d'appareils, en termes de types, de versions, de livrées... L'auteur nous propose un superbe recueil d'une centaine de photos et de 200 profils en couleurs consacrés aux 8 premières escadres de l'armée de l'air.

Bien sûr, la faste période de guerre froide (en ce qui concerne le parc d'avions de chasse, s'entend) est largement représentée notamment pour les escadres intégrées au 1er CATac de l'OTAN, qui évoluaient sur matériel américain du début des années 1950 jusqu'au milieu des années 1960 (F-84E/G/F, F-100D/F) et qui nous intéressent particulièrement ici (1ère, 3e, 4e EC) . 

Gérard Paloque avait déjà signé un excellent ouvrage sur le F-100 Super Sabre présentant des centaines de profils de l'appareil dans ses nombreuses livrées au sein des différentes forces aériennes l'ayant utilisé. Il nous propose ici un travail de la même qualité qu'il convient d'avoir dans sa bibliothèque. Car l'auteur ne s'arrête pas aux livrées des avions d'armes composant les différents escadrons d'une même escadre. Il complète le tableau avec les profils des appareils des escadrilles de liaison (MS Paris, T-33, Fouga, Broussard, et même Martinet) ainsi que des SIPA, T-6 et T-28 des Escadrilles d'Aviation Légères d'Appui (EALA) parrainées par chaque escadre durant la guerre d'Algérie! Certes, on peut regretter que les profils ne soient pas un peu plus grands, mais 200 profils! A pagination constante du magazine, on comprend bien qu'au vu du nombre, il a fallu faire une concession sur la taille des profils. Et encore l'ensemble de l'étude a été scindée en deux, la suite faisant l'objet du prochain Hors-Série (escadres N° 9 à 33) dont la parution est prévue au quatrième trimestre 2017.

Comme le signale l'Aérobibliothèque, les éditions Heimdal, qui éditent le magazine Avions de Combat, publieront en fin d'année l'intégralité du travail de Gérard Paloque sur l'histoire des escadres de l'armée de l'air de 1945 à nos jours, compilant le contenu des deux numéros Hors-Série de la revue... La maquette de ce volume récapitulatif permettra peut être d'agrandir un peu la taille de certains profils? Nous ne manquerons pas de vous en reparler ici-même, le moment venu!

Avions de Combat Hors-Série numéro 1
2e trimestre 2017
112 pages
Plus d'une centaine de photos NB et couleurs et plus de 200 profils couleurs
13 euros.

mercredi 12 avril 2017

Des Canadiens de retour à Mercy

Les Canadiens posent pour la photo souvenir sur le perron du château.
© F. Loubette  

En ce mercredi 12 avril 2017, une délégation d'une petite trentaine de Canadiens
a eu l'occasion de revenir au Château de Mercy, près de Metz, où il vécurent une partie de leur enfance, quand leurs parents travaillaient au quartier général de la 1ère Division Aérienne Canadienne en Europe.

Ces membres d'une association canadienne d'anciens élèves de l'école "Général Navereau" de Metz s'étaient donné rendez-vous en France en ce mois d'avril à l'occasion d'un triple anniversaire : le centenaire de la bataille de Vimy, près d'Arras, durant laquelle les soldats canadiens payèrent un lourd tribut pendant la Seconde Guerre mondiale ; le cent-cinquantième anniversaire du Canada et le cinquantième anniversaire du départ définitif des Canadiens de Metz et, plus globalement, de France.

© F. Loubette

A l'époque, les chauffeurs des haut-gradés canadiens défilaient en voiture au pied du perron.
© OTAN
A Metz depuis deux jours, ces enfants de militaires de la Royal Canadian Air Force ont eu la possibilité de visiter le château de Mercy, spécialement ouvert pour eux aujourd'hui.
Le Château étant actuellement propriété de Metz-Métropole, le groupe fut accueilli ce matin par son président, Jean-Luc Bohl. Ce dernier est revenu brièvement sur les temps forts de l'histoire du château et ses particularités architecturales. Il connaît d'autant mieux ses spécificités que le propriétaire originel qui a fiat construire le château, Maurice de Coëtlosquet, était un aïeul de Mme Bohl.

Les visiteurs canadiens investissent le grand hall d'entrée.
© F. Loubette
Les Canadiens ont ensuite pu passer une bonne heure à déambuler dans les différentes salles du château, redécouvrant ces espaces plus de cinquante ans après y avoir souvent accompagné leurs parents. De nombreuses photos ont été prises par l'ensemble du groupe durant cette occasion unique à laquelle se sont greffés quelques locaux passionnés de patrimoine. Comme j'en faisais partie, et qu'on ne sait pas quelle sera la prochaine occasion de visiter l'intérieur, ni si les dégradations ne se seront pas développées d'ici là, je vous propose quelques vues de l'intérieur de ce somptueux édifice. 

La colossale cheminée du hall d'entrée.
© F. Loubette

Détail de la cheminée du hall d'entrée. 

© F. Loubette  

Présentation des bases de la 1ère division aérienne canadienne en Europe.
© CJFIC
On a retrouvé la cheminée de la photo précédente. Son manteau a été épargné par les vandales
(pour l'instant), contrairement à plusieurs autres cheminées du château.
© F. Loubette

Couloir longitudinal du rez-de-chaussée.
© F. Loubette

Grande salle du rez-de-chaussée au impressionnantes boiseries donnant sur l'arrière du château.
© F. Loubette
Le grand escalier vu depuis le hall d'entrée.
© F. Loubette
Le hall d'entrée vu depuis le grand escalier.
© F. Loubette

La cage du grand escalier vue depuis le premier étage.
© F. Loubette
La cage du grand escalier vue depuis le premier étage.

© F. Loubette
© Eakins
Le palier du premier étage.
© F. Loubette 

Au premier étage, au dessus du hall d'entrée, une grande salle aux impressionnantes boiseries.
© F. Loubette

La même salle au premier étage.
© F. Loubette
Vue de la chapelle depuis la salle aux boiseries du premier étage.
© F. Loubette
Détail des plafonds.
© F. Loubette

© F. Loubette

Le château vue de devant.
© F. Loubette
Même scène au début des années soixante
© CFJIC

Stèle qui soutenait la plaque commémorative, dans la cour du château, avant qu'elle ne soit pillée.
© F. Loubette

Le château de Mercy vu depuis l'arrière.
© F. Loubette 

Les Canadiens sont repartis honorés et ravis d'avoir pu, une dernière fois sans doute, fouler ces lieux chargés de souvenirs. A ce jour, la destinée du château de Mercy est encore incertaine...