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dimanche 5 février 2023

Le Mystère du Sabre jaune

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Un F-86 Sabre de l'US Air Force arborant de larges bandeaux jaunes autour des ailes, du fuselage et de la dérive, voilà qui évoque instantanément la guerre de Corée, et en particulier les avions du 4th Fighter Interceptor Wing.
Quel rapport avec les aviations de l'OTAN en France me demanderez-vous? Et bien c'est justement la question que se posent Tanguy et Laverdure dans cette nouvelle aventure, puisqu'ils se retrouvent aux prises avec cet appareil inconnu, évoluant sous la couverture radar, dans le Nord-Est de la France ; qui plus est au début des années soixante, à l'occasion d'un échange d'escadron entre les Super Mystère B2 de l'EC 1/10 Valois de Creil et les Canadair Sabre du Squadron No. 439, sur la base canadienne de Marville. Voilà de quoi brouiller les pistes, même en VFR (😐).


Le superbe dessin ornant les pages de garde de l'album :
un SMB2 de la 10e EC aux prises avec un Sabre du Squadron 439 de Marville. 
(c) M. Durand.



Quelle bonne occasion de se plonger dans l'aviation militaire occidentale du début des années soixante que cet album ! C'est aussi l'opportunité de (re)découvrir, avec nos deux héros, la base de Marville à l'époque de la RCAF, avec tout ce que ce type d'installation pouvait comporter d'exotique pour les Français.

J'ai particulièrement apprécié la narration et les dialogues, qui restent pédagogiques pour quiconque ne connait pas le sujet, sans en faire des tonnes et en restant crédible (ce qui n'est pas toujours le cas dans les BD historiques quand il faut contextualiser pour le lecteur néophyte). Le trait est net, les dessins et perspectives soignés, ce qui participe du saut temporel auquel nous invitent Tanguy et Laverdure. On ne se retrouve pas à tiquer sur un nez d'avion un peut trop long ou une perspective faussée, qui nous feraient sortir de l'aventure pour nous rappeler qu'il ne s'agit que d'une fiction dessinée. Là, avec un brin d'imagination, on est vraiment embarqué aux côtés de nos pilotes fétiches, 63 ans en arrière. Enfin, et ce n'est pas rien pour les connaisseurs, le découpage et les dessins respectent sont rigoureusement documentés, sans faux-raccords, notamment dans les contre-champs et basculements de point de vue. La géographie de la base canadienne et les implantations des escadrons, tout comme les différents types d'aéronefs qui y évoluaient, sont présentés avec soin et détails, jusque dans les arrière-plans des cases, ce qui est vraiment plaisant.

Laverdure est toujours aussi gaffeur et maladroit, le cahier des charges et respecté et les habitués de la série (qu'elle soit "Classic" ou non) retrouveront ce qui fait son succès depuis tant d'années, mais avec une qualité graphique (qu'elle soit au niveau des dessins comme de la fabrication) tout à fait actuelle.
En résumé, même s'il vous faudra attendre le Tome 2 pour connaître le dénouement de cette aventure, je ne peux que vous conseiller ce nouvel album pour occuper agréablement un après-midi grisâtre de février !

4e de couverture - Cliquez pour agrandir

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Le Mystère du Sabre jaune
Une aventure "Classic" de Tanguy et Laverdure (Tome 1)
Matthieu Durand / Patrice Buendia / Ketty Formaggio
Editions Dargaud - Zéphyr
48 pages
15,50 euros

samedi 30 mars 2019

La bible des "Faucons argentés"

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Basé à Grostenquin (Moselle) treize années durant, l'escadron 430 de la Royal Canadian Air Force a fêté ses 75 ans en 2018. L'auteur canadien Marc-André Valiquette a dignement marqué cet évènement avec la publication à l'automne 2018 d'un superbe ouvrage rétrospectif à l'occasion de cet anniversaire.


Non, il ne s'agit pas d'un ouvrage d'ornithologie! Les "Faucons argentés" font bien ici référence aux membres de l'aviation royale du Canada qui ont fait - et font toujours - vivre le No. 430 Squadron "Silver Falcon". Les 3/4 de siècle de l'unité ont constitué l'occasion rêvée pour l'auteur-éditeur québecois Marc-André Valiquette, de prodiguer à cet escadron le même "traitement de choc" éditorial qu'à ses précédents sujets. Son réel savoir faire en la matière a abouti en un livre de premier choix, tout comme ses précédents ouvrages. Après une remarquable saga sur le programme avorté CF-105 Arrow, l'auteur se consacre, depuis 2012, aux anniversaires marquants d'unités emblématiques de la Royal Canadian Air Force (RCAF). Après l'escadron 425 en 2012, l'escadron 439 en 2015 dont nous avions proposé une recension ici même, et la 3e escadre de Bagotville en 2017, c'est à présent un escadron septuagénaire, encore en activité de nos jours au Québec, qui est mis à l'honneur.



L'étude de Marc-André Valiquette s'ouvre sur l'engagement du Canada dans la Seconde Guerre mondiale et sur la formation, en Angleterre, le 1er janvier 1943, de l'escadron 430 (No. 430 Squadron). L'unité est équipée de Curtiss Tomahawk le temps de l'instruction des pilotes, puis de Mustang Mk1, plus particulièrement chargés de la reconnaissance aérienne dans le cadre de la préparation du Débarquement de Normandie, ainsi que du réglage des tirs d'artillerie.

Dissous au terme du conflit, l'escadron renait six ans plus tard, en 1951, dans le contexte de la guerre froide. Evoluant désormais sur jet, et plus particulièrement sur le mythique et élégant Canadair Sabre, l'unité se voit confier la mission d'interception et de défense aérienne diurne. Dans ce contexte, il intègre la 2e Escadre de chasse de la RCAF qui doit déménager pour s'installer en France, au titre de la participation du Canada à l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN)


Durant l'opération Leapfrog, aux côtés de leurs camarades des escadrons 416 et 421, les pilotes du Squadron 430 traversent l'océan Atlantique par étapes, seuls à bord de appareil leur mono-réacteur...


... pour arriver sur une base aérienne à peine sortie de terre et loin d'être achevée et opérationnelle. Mais qu'importe, la 2e escadre canadienne a pour vocation d'envoyer un message fort aux alliés, mais surtout aux adversaires de l'OTAN : depuis Grostenquin, les pilotes et leurs chasseurs veillent pour barrer la route aux bombardiers soviétiques qui auraient dans l'idée de franchir le Rideau de fer ! D'autres escadres canadiennes viendront dans la foulée s'installer sur le continent européen pour constituer la 1ère Division aérienne canadienne, alignant au plus fort de son histoire jusqu'à douze escadrons de 25 Sabre chacun !

L'escadron 430 est donc un des premiers à arriver en Europe, essuyant les plâtres du dispositif canadien au sein de l'OTAN, un peu perdu au milieu de la campagne lorraine, dans une région minière et en partie germanophone où l'acculturation ne coule pas de source pour les militaires canadiens, dont tous ne sont pas francophones, loin s'en faut !


Rapidement, les pilotes de l'escadron, puis de l'ensemble de la division, se forgent une réputation de "rois du ciel" à bord de leur version canadienne hyper manoeuvrante du Sabre. Boosté par un réacteur Orenda, le Sabre en service au Squadron 430 est en outre régulièrement modernisé (Mark 2, puis Mk 5 et enfin la verison ultime, Mk 6).

Pourtant, avec l'évolution des matériels, et l'arrivée du Mirage III, le Sabre canadien est détrôné et la division aérienne change de mission et de monture.



Ré-équipés avec le CF-104 Starfighter, les "Faucons argentés" se voient confier la mission de dissuasion nucléaire à partir de la fin de l'année 1963.
Problème : les Américains s'y étaient déjà essayés depuis la France quelques années plus tôt, avant de se "casser les dents" sur les positions politiques du général de Gaulle et de devoir déménager leurs escadres tactiques hors de l'Hexagone.


Sur la question nucléaire, les mêmes causes produisent les mêmes effets, feuille d'érable sur le fuselage ou non : les bombes, elles, restent américaines, et dons indésirables sur le sol français. Pour assurer leur mission, les "Faucons argenté"s (et leurs voisins de marguerite les "Indiens rouges" de l'escadron 421) sont contraints de quitter Grostenquin pour s'installer en Allemagne. Un saut de puce, qui, pour la mission des unités, ne change strictement rien, contrairement aux riverains qui voient la "poule aux oeufs d'or" s'envoler, et la base fermer...


C'est depuis Zweibrücken, tout contre la frontière française que l'escadron poursuit son activité au sein de la 3e escadre de chasse canadienne. Les appareils et leurs pilotes ont toutefois l'occasion de repasser régulièrement en France, comme à l'occasion des concours de bombardement organisés depuis la base américaine de Chaumont dans la première moitié des années 1960, et opposant les 2e et 4e Forces aériennes tactiques alliées d'Aircent.



Après un nouveau déménagement de Zweibrücken à Lahr, l'unité change radicalement de mission à partir de 1971 puisqu'il regagne le Canada pour devenir un escadron d'hélicoptères, toujours actif de nos jours !



Comme les précédents ouvrages de l'auteur, ce livre de 264 pages est abondamment illustré de photos rares et de très belle qualité et rédigé en français et en anglais ! La mise en page est agréable, faisant la part belle à l'iconographie. Les texte, surtout basé sur les cahiers de marche de l'escadron, sont assez courts sur chaque page, permettant d'aller à l'essentiel tout en se reportant au photos pour illustrer le propos. L'ensemble se lit donc bien, servi par une impression de qualité, sur un beau papier épais.

Enfin, et ce n'est pas négligeable, Marc-André Valiquette a eu la bonne idée de faire référencer ses livres chez Aviation Megastore à Amsterdam, ce qui permet aux potentiels acquéreurs européens un peu plus de faciliter pour commander l'ouvrage, évitant le taux de change et les formalités douanières depuis le Canada.

Pour commander le livre sur l'escadron 430 au prix de 49,95 euros, suivez ce lien. S'il apparaît indisponible, armez vous d'un peu de patience, le magasin en recommandera sans doute rapidement.
Et tant que vous y êtes, je ne saurais que trop vous recommander d'ajouter à votre panier le précédent livre de l'auteur consacré à l'escadron 439 basé à Marville à la même époque (découvrez sa recension ICI). C'est un ouvrage tout aussi bien réalisé qui en plus est en promotion à moins de 20 euros ! Profitez-en !

 

Pour être complet, sachez qu'une édition limitée collector du livre sur le No. 430 Squadron a également été publiée (75 exemplaires), avec couverture en relief, macaron, le tout proposé dans un superbe coffret pour un prix de 300$ canadiens (port en sus). Il n'en restait qu'une dizaine fin janvier et peut que quelques exemplaires demeurent disponibles. Pour le commander, contacter directement l'auteur en cliquant ICI.

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L'édition collector est proposée dans un très bel écrin
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dimanche 2 septembre 2018

Bouquins - actualisé


Voilà quelques temps que nous ne vous avions plus proposé de recensions de livres sur ce blog. Cette rentrée littéraire est l'occasion de s'y remettre avec un peu de tout : un ouvrage tout juste paru, un autre déjà sorti depuis quelques temps, et deux autres à paraître sous peu...

L'actualité concerne d'abord et surtout la parution des actes des Journées d'Etudes Vosgiennes d'octobre 2017 organisées autour de Lamarche et Martigny-les-Bains. Ce recueil d'études rassemblant les multiples conférences ayant eu lieu lors de ces journées comprend en effet une étude illustrée de 17 pages, la plus complète publiée à ce jour, sur l'histoire opérationnelle de la base de dispersion de Damblain, construite à cheval sur les départements des Vosges et de la Haute-Marne. Pierre Labrude signe cette étude que Pierre-Alain Antoine et moi-même co-signons, y ayant ajouté notre petit grain de sel.
Cet ouvrage est co-édité par la Fédération des sociétés savantes des Vosges et l'Association pour le développement du pays des trois Provinces. On peut se le procurer en ligne en suivant ce lien. A noter qu'il contient également une étude sur la vie et les réalisations du Colonel Renard, originaire de Lamarche, et inventeur du ballon dirigeable.
NB : le prix actuellement affiché de 25 euros correspond au tarif de souscription, qui s'est terminée le 31 août dernier, date officielle du lancement du livre. Si vous souhaitez l'acquérir, il vous en coûtera désormais 29 euros.

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Changement de registre désormais, avec une bande dessinée parue en 2015 chez Futuropolis et qui nous avait échappée à l'époque : The four Roses, signé Baru au scénario et Jano au dessin, dont l'intrigue, menée dans l'univers du rock'n roll, se base sur un secret de famille trouvant son origine à Etain, à l'époque des Américains.
Si le style "animalier" du dessin de Jano peut dérouter, voire complètement rebuter certains lecteurs, il faut noter que les trois premières planches de l'album, posant le contexte historique, sont, elles signées Baru. 

Les trois premières planches de l'album contextualisant l'histoire sont dessinées par Baru.

N'attendez pas une histoire se déroulant sur la base d'Etain-Rouvres, il s'agit simplement d'une chronique familiale un brin téléphonée, basée sur des "amours" transatlantiques comme il y en eut pléthore suite à la présence américaine en France : la base d'Etain n'est qu'un prétexte. On peut toutefois remarquer que la présence américaine a laissé chez Baru un souvenir assez profond pour inspirer une histoire, qui sait, peut être y'en aura-t-il d'autres ? Précisons que l'auteur, est né en 1947 à proximité de Villerupt (54) et qu'il a sans doute côtoyé des Américains de la base d'Etain et même des Canadiens de Marville durant son enfance et son adolescence.

Enfin, pour les amateurs de rock nostalgique des fifties et des sixties, notez que la "bande son" de l'histoire est fourni dans l'album à travers un disque vinyle. Et pour ceux qui n'auraient ni platine ni mange-disque remisé au grenier,  le générique de fin de cette aventure en BD est disponible en ligne.

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Cette rentrée annonce d'autre part la parution outre-Atlantique, le 13  septembre prochain, du nouveau livre de Marc-André Valiquette consacré au No. 430 Squadron de la RCAF à l'occasion des soixante-quinze ans de l'unité. 


Cet escadron fut basé à Grostenquin pendant près de douze années, opérant sur Sabre puis brièvement sur Starfighter avant de migrer vers l'Allemagne.
Connaissant la qualité du travail de Marc-André Valiquette, nul doute que cet ouvrage sera encore une fois une belle pièce à ajouter à sa bibliothèque. Pour suivre la disponibilité de ce nouvel ouvrage outre-Atlantique, abonnez-vous à la page Facebook de l'auteur ou via son blog. Une recension sera lisible ici-même très prochainement.

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Visuel non contractuel

Et pour finir, géographiquement plus proche, mais un peu plus éloigné dans le temps (à peine), l'association Chaumont US Memory peaufine un nouveau recueil de photos et de documents relatifs à la base aérienne américaine de Semoutiers. 

Les membres de l'association Chaumont US Memory au travail avec la maquettiste.
Trois ans après la parution du premier tome qui remporta un succès certain, l'association oeuvre pour publier ce nouvel opus fin octobre - début novembre 2018. Vous retrouverez ici très prochainement les modalités pour le réserver ou vous le procurer.

Bonne lecture à tous!

vendredi 13 juillet 2018

Des racines (d'érable) et des ailes (en flèche)


Voici le reportage consacré par France 3 Lorraine à la 1ère Division Aérienne du Canada en France, et diffusé le 13 juillet 2018 sur les locales de France 3 Grand Est.
Ainsi monté, il témoigne de la façon dont m'est venue cette passion pour ce sujet, lorsqu'il y a 20 ans, je commençais à survoler la Lorraine et à découvrir l'ampleur et la multiplicité de ces friches aéronautiques datant de la guerre froide.

vendredi 8 septembre 2017

En dédicace au Livre sur la Place!


A partir de ce vendredi et jusqu'à dimanche 10 septembre inclus, se déroule à Nancy le salon littéraire "Le livre sur la Place", sous chapiteau installé Place de la Carrière face au palais du gouverneur.
Mes co-auteurs et moi-même y serons en dédicaces sur le stand de notre éditeur, Gérard Louis.
N'hésitez pas à passer nous dire bonjour : ces rencontres et ces moments d'échanges sont toujours très enrichissants et nous permettent notamment, sur un sujet aussi vaste que celui auquel nous nous sommes attelés, de découvrir de nouvelles anecdotes locales ou des aspects méconnus de l'implantation militaire alliée en France pendant la guerre froide.


Les auteurs, de gauche à droite : Fabrice Loubette, Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine.

Aujourd'hui et demain samedi, vous pourrez rencontrer Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine.
Dimanche, je serai présent toute la journée en compagnie de Pierre-Alain Antoine.

Pour le programme complet de la manifestation et le plan du chapiteau, cliquez ICI

Au plaisir de vous y rencontrer!

mercredi 23 août 2017

Grostenquin, tertio

Les premières caravanes du "trailer park" primitif de Grostenquin constituèrent une solution d'urgence, en pleine
crise du logement, pour héberger une partie des familles canadiennes en  Lorraine, au début des années 1950.
Photo B. Morgan.

Ce mercredi 23 août, les portes de la base aérienne de Grostenquin vont s'ouvrir pour accueillir le rassemblement annuel des gens du voyage et de leur association Vie et Lumière, coutumier des anciennes bases aériennes de l'OTAN. Après 2006 et 2015, c'est la 3e fois que cette ancienne base canadienne accueillera ce rassemblement, dont les dates officielles sont du 27 août au 3 septembre. Mais pour des raisons d'encombrement des environs et pour limiter les bouchons, le site ouvre toujours quelques jours plus tôt et ferme quelques jours plus tard pour étaler arrivées et départs.

La polémique gronde depuis début juillet : une fois encore, c'est la base de Grostenquin qui a été désignée par l'Etat pour accueillir le rassemblement estival annuel de gens du voyage où convergent chaque année 25000 à 30000 tziganes, représentant 6000 à 7000 caravanes. 
C'est la fois de trop pour les maires des environs qui ont décidé de le faire savoir en répandant début juillet, des tonnes de lisier sur le portail et autour de l'entrée de l'ancienne base canadienne, comme le relatait le Républicain Lorrain au début de l'été.


Des manifestations des maires des environs ont même eu lieu, le 9 juillet à Sarrebourg et le 1er août à Metz. 
Les habitants du secteur de Grostenquin avaient été relativement épargnés par le rassemblement tzigane pendant de nombreuses années par rapport aux habitants de Chambley ou Damblain, du fait de l'activité des forces aériennes française, allemande et américaine sur l'ancienne base canadienne qui hébergeait un site du polygone de guerre électronique (PGE).
Depuis plusieurs années pourtant, face à la vente progressive de ces anciennes bases aériennes militaires aux collectivités territoriales, l'Etat dispose de moins de sites potentiels. Dans le même temps, l'activité du PGE décline et ses différents sites ferment (comme le fort des Adelphes à Epinal) ou sont employés de moins en moins fréquemment. Ce qui explique la réquisition, une fois encore de l'ancienne base de Grostenquin, toujours propriété de l'Etat, à l'inverse de Lure, Damblain, Marville ou Chambleu qui avaient accueilli le rassemblement à plusieurs reprises au cour des décennies passées.

De leur point de vue, les élus locaux se voient imposer à une fréquence s'accélérant ce rassemblement qui perturbe, il est vrai, la quiétude de ce coin de campagne et apporte sons lot de désagréments. En outre, une grande partie du site de l'ancienne base étant une zone de protection de la faune et de la flore, un tel rassemblement inquiète également les défenseurs de la nature et des espèces endémiques.
Cette année cependant, les moyens policiers auraient été nettement accrus par rapport au rassemblement de 2015 et un no man's land surveillé devrait interdire l'accès au zones protégées.



Si l'on en croit la presse locale, le Premier ministre aurait promis aux maires manifestants que la base de Grostenquin accueillerait cette année le rassemblement tzigane pour la dernière fois. Une promesse politique qui, selon la formule consacrée, n'engage que ceux qui y croient, l'actuel gouvernement ayant déjà prouvé ces dernières semaines qu'une promesse faite le lundi pouvait être contredite le jeudi suivant, sans besoin d'attendre une quelconque alternance gouvernementale...

Enfin, lundi dernier, le pasteur Charpentier, "grand Manitou" du rassemblement tzigane, a démenti auprès de France Bleu Lorraine la rumeurs selon laquelle l'association Vie et Lumière souhaitait se porter acquéreur de l'ancienne base canadienne pour la tenue de ses rassemblements annuels. Voilà qui devrait rassurer un peu les élus locaux.

dimanche 13 août 2017

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 1

Extrait du Républicain Lorrain du 11 juillet 2017
L'armée de l'air canadienne s'installe à Metz
(cliquez sur les photos pour agrandir)

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 2

Extrait du Républicain Lorrain du 12 juillet 2017
(cliquez pour agrandir)


Ndlr : un portrait un peu fouillis un brin romancé, et où ont été mélangées pas mal d'informations entre les origines de mon intérêt pour la présence otanienne en France, la parution de mon premier livre, et la parution de mon dernier ouvrage co-écrit avec Pierre Labrude et Pierre-Alain Antoine. Etant directement concerné, permettez moi de rectifier certaines choses :

- Il n'y a bien sûr pas de lien direct entre la base de Phalsbourg et les Canadiens installés en Moselle, Phalsbourg étant une ancienne base américaine. Effectivement, Américains et Canadiens ont implanté leurs aviations en Moselle dans le cadre de l'OTAN? mais la causalité n'est, ici, pas flagrante.

- Pour le déclic qui m'a donné envie de m'intéresser aux bases de l'OTAN, j'y suis revenu récemment ICI. Il n'a jamais été question de pavillons d'habitations relativement récents, jugez par vous même, j'ai publié la photo d'où tout est parti le 27 juin dernier sur ce blog.

- Je n'ai jamais monté de maquettes de Spitfire, ni de Stuka. 

- L'exergue "300 avions en France" fait référence à l'US Army Aviation évoquée dans mon dernier ouvrage. L'US Air Force en France en avait bien sûr beaucoup plus...

Enfin, l'expression étrange que j'aie sur la photo découle des directives du photographe. Dans la vraie vie, je fais moins peur (du moins j'espère!)

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 3

Extrait du Républicain Lorrain du 13 juillet 2017
(cliquez sur la photo pour agrandir)


Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 4

Extrait du Républicain Lorrain du 14 juillet 2017
"Chesny et le village de la feuille d'érable"
(cliquez sur la photo pour l'agrandir)


Ndlr : La livraison des résidences canadiennes (PMQ's) de Bellecroix n'a pas induit la désaffection des trailers parks de l'Est de l'agglomération messine qui sont restés en service jusqu'au départ des canadiens en 1967. Les PMQ's n'offraient pas de logements en quantités suffisantes pour héberger la totalité des militaires canadiens des environs de Metz.

Si les caravanes étaient sédentarisées, certaines habitations composées de deux caravanes jumelées permettaient toutefois de préserver la mobilité de l'une d'elles qui pouvait, le cas échéant, servir aux excursions du week-end, comme c'était le cas pour la famille Eakins. Pour mémoire, cette famille n'a pas vécu au "Maple leaf village" de Chesny, mais dans le camp de caravanes installé à Peltre, dans le parc de l'actuel lycée Notre Dame.

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 5

Extrait du Républicain Lorrain du 16 juillet 2017
(photo fournie par nos soins à la rédaction - cliquez pour agrandir)

Ndlr : Pour mémoire, la famille Eakins n'a pas vécu au "Maple leaf village" de Chesny, mais dans le camp de caravanes installé à Peltre, dans le parc de l'actuel lycée Notre Dame.

Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 6

Extrait du Républicain Lorrain du 19 juillet 2017
(Construction des Permanent Married Quarters - PMQ's
Quartier de Bellecroix - cliquez pour agrandir)



Les canadiens de Metz, saga estivale du Républicain Lorrain - 7

Extrait du Républicain Lorrain du 10 août 2017
(photos fournies par nos soins à la rédaction - cliquez pour agrandir)

mercredi 12 avril 2017

Des Canadiens de retour à Mercy

Les Canadiens posent pour la photo souvenir sur le perron du château.
© F. Loubette  

En ce mercredi 12 avril 2017, une délégation d'une petite trentaine de Canadiens
a eu l'occasion de revenir au Château de Mercy, près de Metz, où il vécurent une partie de leur enfance, quand leurs parents travaillaient au quartier général de la 1ère Division Aérienne Canadienne en Europe.

Ces membres d'une association canadienne d'anciens élèves de l'école "Général Navereau" de Metz s'étaient donné rendez-vous en France en ce mois d'avril à l'occasion d'un triple anniversaire : le centenaire de la bataille de Vimy, près d'Arras, durant laquelle les soldats canadiens payèrent un lourd tribut pendant la Seconde Guerre mondiale ; le cent-cinquantième anniversaire du Canada et le cinquantième anniversaire du départ définitif des Canadiens de Metz et, plus globalement, de France.

© F. Loubette

A l'époque, les chauffeurs des haut-gradés canadiens défilaient en voiture au pied du perron.
© OTAN
A Metz depuis deux jours, ces enfants de militaires de la Royal Canadian Air Force ont eu la possibilité de visiter le château de Mercy, spécialement ouvert pour eux aujourd'hui.
Le Château étant actuellement propriété de Metz-Métropole, le groupe fut accueilli ce matin par son président, Jean-Luc Bohl. Ce dernier est revenu brièvement sur les temps forts de l'histoire du château et ses particularités architecturales. Il connaît d'autant mieux ses spécificités que le propriétaire originel qui a fiat construire le château, Maurice de Coëtlosquet, était un aïeul de Mme Bohl.

Les visiteurs canadiens investissent le grand hall d'entrée.
© F. Loubette
Les Canadiens ont ensuite pu passer une bonne heure à déambuler dans les différentes salles du château, redécouvrant ces espaces plus de cinquante ans après y avoir souvent accompagné leurs parents. De nombreuses photos ont été prises par l'ensemble du groupe durant cette occasion unique à laquelle se sont greffés quelques locaux passionnés de patrimoine. Comme j'en faisais partie, et qu'on ne sait pas quelle sera la prochaine occasion de visiter l'intérieur, ni si les dégradations ne se seront pas développées d'ici là, je vous propose quelques vues de l'intérieur de ce somptueux édifice. 

La colossale cheminée du hall d'entrée.
© F. Loubette

Détail de la cheminée du hall d'entrée. 

© F. Loubette  

Présentation des bases de la 1ère division aérienne canadienne en Europe.
© CJFIC
On a retrouvé la cheminée de la photo précédente. Son manteau a été épargné par les vandales
(pour l'instant), contrairement à plusieurs autres cheminées du château.
© F. Loubette

Couloir longitudinal du rez-de-chaussée.
© F. Loubette

Grande salle du rez-de-chaussée au impressionnantes boiseries donnant sur l'arrière du château.
© F. Loubette
Le grand escalier vu depuis le hall d'entrée.
© F. Loubette
Le hall d'entrée vu depuis le grand escalier.
© F. Loubette

La cage du grand escalier vue depuis le premier étage.
© F. Loubette
La cage du grand escalier vue depuis le premier étage.

© F. Loubette
© Eakins
Le palier du premier étage.
© F. Loubette 

Au premier étage, au dessus du hall d'entrée, une grande salle aux impressionnantes boiseries.
© F. Loubette

La même salle au premier étage.
© F. Loubette
Vue de la chapelle depuis la salle aux boiseries du premier étage.
© F. Loubette
Détail des plafonds.
© F. Loubette

© F. Loubette

Le château vue de devant.
© F. Loubette
Même scène au début des années soixante
© CFJIC

Stèle qui soutenait la plaque commémorative, dans la cour du château, avant qu'elle ne soit pillée.
© F. Loubette

Le château de Mercy vu depuis l'arrière.
© F. Loubette 

Les Canadiens sont repartis honorés et ravis d'avoir pu, une dernière fois sans doute, fouler ces lieux chargés de souvenirs. A ce jour, la destinée du château de Mercy est encore incertaine...